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Loteries et jeux : un député propose de taxer les gagnants

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Yann Galut, le député PS du Cher, propose de taxer à 15% les gains de jeux (Loto, Euro Millions, etc.) supérieurs à 30 000 euros. Il affirme que la mesure pourrait rapporter 1 milliard par an.

Gagner au Loto pourrait ne plus rapporter autant qu’autrefois. Au nom de la justice fiscale et du rétablissement des comptes publics, Yann Galut, le député socialiste du Cher, propose de taxer à hauteur de 15% tous les gains issus des jeux de hasard à partir de 30 000 euros, que ce soit le Loto, l’Euro millions, le Loto sportif, les jeux de grattage mais aussi le poker.

« Que chacun contribue à la solidarité nationale en temps de crise »

« Il me paraît important que chacun contribue à la solidarité nationale en temps de crise », estime le député qui chiffre à un milliard d’euros par an ce que l’Etat pourrait gagner en ponctionnant par exemple les 7 milliards distribués par la Française des jeux en 2011. « Tout simplement, l’année suivante, le gagnant remplit une colonne à part sur sa feuille d’impôt ». Le député tient toutefois à préciser que les petits gagnants ne seront pas impactés, la taxe était à partir « d’une certaine hauteur, on ne va pas taxer les gens qui gagnent 100 ou 200 euros », affirme-t-il.

« Etre doublement taxé »

Aujourd'hui les gains de jeux de hasard sont exonérés d’impôt, donc le gagnant du Loto par exemple n’est pas imposé sur ses gains lorsqu'il les perçoit. En revanche, l'année suivante, il paye les impôts liés à son nouveau patrimoine et à ses placements. Pour un ancien gagnant, qui préfère rester anonyme, c’est tout simplement une double taxe. « J’ai personnellement gagné au Loto il y a plusieurs années, la FDJ (Française des jeux) m’a remis un chèque net d’impôts. A cette époque, mais c’est toujours valable, la FDJ payait directement des taxes à l’Etat, et le bénéficiaire des gains était exonéré de toute autre taxe. Avec cette proposition de loi, il faudra la déclarer sur ses revenus l’année suivante, et être doublement taxé ».

M. Chaillot avec Benjamin Edgar