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Loi Travail: des affrontements et des violences à Paris, Nantes et Bordeaux

Les premiers heurts ont éclaté à Paris après que certains manifestants ont quitté le trajet du cortège contre la loi Travail.

Les premiers heurts ont éclaté à Paris après que certains manifestants ont quitté le trajet du cortège contre la loi Travail. - -

La contestation contre la loi Travail est restée forte jeudi partout en France avec une multiplication des blocages, des arrêts de travail et des manifestations parfois émaillées de violences, tandis que le gouvernement est toujours à la recherche d'une sortie de crise.

Sans compter "les milliers de salarié sur les barrages et (les) grévistes qui occupent leur entreprise", la CGT a recensé dans tout le pays "près de 300.000 manifestants", contre 400.000 jeudi dernier. Les autorités en ont dénombré 153.000 (128.000 il y a une semaine).

Les 174 cortèges ont été émaillés de violences dans plusieurs villes, même si "la plupart des manifestations se sont dérouolées dans le calme", selon un communiqué du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve dans la soirée. Au total, "77 individus ont été interpellés sur l'ensemble du territoire", et "15 policiers et gendarmes ont été blessés". 

Des violences à Paris

La manifestation parisienne, qui a réuni 18.000 à 19.000 personnes selon la préfecture de police, 100.000 selon les organisateurs, a été émaillée par plusieurs incidents, et 36 personnes ont été interpellées.

  • De premiers affrontements ont éclaté lorsque des manifestants cagoulés ont quitté le trajet du cortège, brisant des vitrines et dégradant des véhicules. Une centaine de manifestants en tête du défilé ont emprunté une rue transversale, renversant des containers à verre et lançant des bouteilles sur des policiers. Ces derniers ont répliqué en tirant des gaz lacrymogènes. Neuf personnes ont été légèrement blessées, dont quatre policiers.

La féministe Caroline De Haas, cofondatrice d'Osez le Féminisme, se trouvait dans le cortège anti loi Travail, elle avait lancé en février dernier une pétition en ligne contre la loi El Khomri. Elle affirme qu'un manifestant a été molesté par des CRS sans avoir rien fait.

Plusieurs participants à une manifestation "sauvage", en marge de la manifestation officielle, s'en sont pris à la façade d'un magasin Franprix, dans le XIIe arrondissement de la capitale, selon Le Parisien. Un concessionnaire automobile Skoda a également été attaqué.

Des échauffourées ont éclaté à l'arrivée du cortège place de la Nation, lorsque des manifestants cagoulés ont poussé un chariot de supermarché enflammé contre une paroi de plexiglas dressée par les policiers. Des manifestants ont également jeté sur les forces de l'ordre de nombreuses pierres provenant d'un mur cassé peu avant leur arrivée sur la place. Les policiers ont répliqué à coups de gaz lacrymogène. La dispersion a débuté vers 16h30. Seize personnes ont été interpellées depuis le début de la manifestation, selon la préfecture de police.

Un commissariat attaqué à Bordeaux

A Bordeaux, 300 manifestants s'en sont pris au commissariat des Capucins en jetant des plots de stationnement sur la façade du bâtiment. Plusieurs véhicules de police ont également été dégradés et plusieurs vitres cassées. Une femme qui venait déposer une plainte a été légèrement blessée pendant l'action qui s'est déroulée en marge d'une nouvelle journée de mobilisation nationale contre le projet de Loi travail.

Des violences à Nantes

A Nantes, une manifestation, interdite la veille par la préfecture, a rassemblé au moins 1300 personnes et donné lieu à au moins six interpellations. Les forces de l'ordre, cibles de jets de projectiles, ont fait usage de grenades lacrymogènes et de lances à eau. Deux agences bancaires et des abribus ont été endommagés. Les vitres de l'entrée du journal Ouest-France ont été saccagées.

Jet de peinture à Lyon

De la peinture a été jetée sur une banque ainsi que sur les forces de l'ordre qui encadraient la manifestation à Lyon.

Des tensions à Amiens

La gare d'Amiens a été bloquée par des manifestants dans le cadre de la journée de mobilisation contre la loi Travail. Des pneus ont été brûlés.

La gare de Rennes bloquée

A Rennes, où de 3500 - selon la police - à 8000 personnes - selon le syndicat FO - ont manifesté, le trafic SNCF a été interrompu pendant près d'une heure suite à une invasion des voies. Le dépôt de bus de la ville a été bloqué dès 5h30, selon France bleu Armorique. Des barrages filtrants ont également été mis en place près de Saint-Malo et Lorient, mais ils ont été levés au cours de la matinée. 

Cinq interpellations à Toulouse

A Toulouse, cinq personnes ont été interpellées, selon le préfet de Haute-Garonne.

Un manifestant sur un tram à Dijon

Les forces de l'ordre ont dispersé les manifestants en fin d'après-midi avec des gaz lacrymogènes, à Dijon. Un manifestant est monté sur un tram, comme le montrent les images tournées par France bleu Bourgogne.

Un manifestant roué de coups à Caen

A Caen, dans le Calvados, en marge de la manifestation contre la loi Travail, un jeune homme a été roué de coups de matraque et de pied par un policier, alors qu'il se trouvait à terre, comme le montre la vidéo relayée par Normandie-actu. Le directeur départemental de la sécurité publique, Jean-François Papineau, invoque "un cas de légitime défense". "On a pris plusieurs jets de projectiles, à plusieurs reprises. Il y a eu des sommations à quatre ou cinq reprises", a-t-il justifié auprès du site. 

Toujours à Caen, mais plus léger: un manifestant s'est dénudé face aux CRS.

C.H.A.