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Pic de froid en Ile-de-France: les services d’hébergement d’urgence en alerte

Malgré les températures négatives, le plan grand froid n’a pas été déclenché à Paris. Mais les services d’urgence sont en alerte et s’ils sont débordés, ils tentent d’accueillir un maximum de sans abris. Certaines villes se mobilisent aussi pour éviter les drames.

Cette nuit encore, de nombreux sans abris ont dormi dans le froid, faute de place. Pour eux, le 115 sonne comme un dernier espoir, bien maigre pendant l'hiver. En moyenne, une demande d'hébergement sur deux n'aboutit pas.

"Le 115 qui reçoit environ 1.300 appels par jour refuse actuellement plus d'une centaine de personnes seules et en journée plus de 500 personnes en famille, donc ça veut dire que plusieurs dizaines d'enfants restent sans réponse, même si certains vont trouver un abri de fortune le soir", explique Eric Pliez, le directeur du Samu social à Paris. 

Pour faire face au pic de froid, le Samu social a activé un plan de niveau supérieur en ouvrant notamment des places dans des gymnases ou dans des hôtels franciliens. A Montreuil, la mairie a décidé de mettre à disposition l'un de ses gymnases depuis le mois de décembre. La nuit dernière encore, une trentaine de personnes, la plupart du temps orientées par le 115, y ont passé la nuit.

Une promiscuité qui repousse

Mais dans les gymnases ou dans les hôtels, il ne s'agit évidemment que d'une réponse d'urgence avec des conditions parfois spartiates. Après une ou deux nuits, certains choisissent même de retourner à la rue.

"Ils font le choix de ne pas être confrontés à la promiscuité et à des conditions d'hébergement qui ne sont pas adaptées et pas justes", déplore Frédérique Kaba, de la fondation Abbé Pierre. 

Eric Pliez du 115 regrette de son côté le manque d'anticipation. "Même si les centres se sont largement humanisés depuis une dizaine d'années, oui on n'anticipe pas suffisamment, c'est ce que nous vivons à Paris cette année puisque 1200 places doivent ouvrir, seulement 800 le sont", regrette-t-il. Pour lui, la "pression" de la demande n'a pas été suffisamment anticipée.
C. B avec Maïmouna Barry et Lydia Querin