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INFOGRAPHIE - Qui est concerné par le mal-logement en France?

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- - ALAIN JULIEN / AFP

Appartements surpeuplés ou insalubres, la crise du logement en France dépasse la sphère des sans-abri. Le rapport annuel de la Fondation Abbé-Pierre, publié ce mardi, dépeint le calvaire de 4 millions de personnes mal-logées, aux situations très diverses.

En 2017, la Fondation Abbé-Pierre estime que près de 4 millions de personnes sont mal-logées en France, dans son 22e rapport annuel publié ce mardi. Parmi eux, les sans-domicile, partie la plus visible de cette crise, ne représentent que 143.000 individus. Précarité énergétique, appartements surpeuplés, absence d’eau courante, le problème du mal logement recouvre des réalités très diverses. Outre ces situations graves, 12.1 millions d’habitants de l’Hexagone se retrouvent fragilisés par la crise du logement. Le point en chiffres.

3 millions de personnes vivent dans des logements indécents

Le mal-logement n’est pas qu’une affaire de murs. 2 millions de personnes vivent sous un toit mais sont privées du confort sanitaire de base. Elles ne disposent pas d’eau courante, de douche ou de WC intérieurs, de coin cuisine, ou de moyen de chauffage. D’autres problèmes affectent ces logements insalubres: humidité, moisissures, mauvaise isolation, installation électrique dangereuse, infiltrations d’eau…

Autre source d’inconfort: le manque de place. Une résidence doit comporter nécessairement une pièce de séjour pour le ménage, une chambre pour chaque couple d’adultes, une chambre pour chaque adulte célibataire, une chambre pour deux jeunes enfants, une chambre par grand enfant ou une chambre pour deux grands enfants du même sexe. S'il manque deux pièces ou plus, l’habitat est considéré en état de surpeuplement accentué. 93.400 personnes connaissent une telle situation en France.

1 million de personnes sont privées de logement personnel

869.000 personnes ne possèdent pas leur propre toit. Parmi elles, 643.000 se retrouvent ainsi contraintes d’habiter chez un tiers. Si la grande majorité retourne vivre au domicile parental, 69.000 n’ont aucun lien de parenté avec leurs hébergeurs. Un manque d’intimité pointé du doigt par l’association.

Faute de logement, 25.000 ménages ont pour résidence principale une chambre d’hôtel. Cette solution de fortune coûte cher et apporte aux familles son lot d’inconforts: impossibilité de cuisiner, de se scolariser ou de profiter de soins. Encore plus précaires, 85.000 personnes se logent dans des campements ou des bidonvilles, notamment aux abords de Paris ou du littoral nord de la France. Enfin, 143.000 individus sont comptabilisés comme sans-domicile.

En tout, 12.1 millions de personnes souffrent de la crise du logement

Autour de ces cas graves, la Fondation Abbé-Pierre estime que 12.1 millions de personnes subissent la crise du logement. Cet hiver, 3.6 millions de personnes ont eu froid pour des raisons liées à la précarité énergétique. Installations défectueuse, mauvaise isolation, ces ménages se retrouvent avec des factures d’énergie excessivement chères et peuvent consacrer jusqu’à 10% de leur budget pour se chauffer.

L’association pointe également le coût du logement, parfois insoutenable. 5.7 millions de personnes affectent plus de 35% de leur revenu net à leur habitation, leur laissant moins de 650 euros pour le reste de leurs dépenses. 1.2 millions de locataires n’arrivent pas à payer leur loyer ou leurs charges. Les contentieux pour impayés n’ont cessé d’augmenter en France depuis quinze ans.

Emeline Gaube