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Les perquisitions menées en France révèlent un arsenal de guerre

168 perquisitions administratives ont été menées dans plusieurs villes françaises depuis dimanche. Et les armes découvertes lors de ces perquisitions laissent entrevoir un arsenal de guerre en libre circulation en France.

Trois jours après les attentats qui ont ensanglanté Paris vendredi soir, la police française a lancé une vague de perquisitions administratives à grande échelle. Des perquisitions visant des personnes suspectées de trafic de drogue et d'appartenir à la mouvances islamiste, sans lien direct avec l'enquête sur les attentats de Paris, mais révélatrices d'une large circulation d'armes lourdes sur le territoire. Les chiffres détaillés lundi par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, soulignent l'ampleur du phénomène.

"Le Premier ministre et le président l’ont dit: nous menons la guerre à l’intérieur et à l’extérieur", a commencé Bernard Cazeneuve, avant de dévoiler le bilan des "168 perquisitions menées depuis dimanche dans 19 départements". "Aucun territoire de la République n’est négligé", a-t-il assuré.

Des armes de guerre et des brassards de police

La prise la plus importante a été réalisée à Lyon. Au domicile de la famille d'un trafiquant d'armes interpellé, les forces de l'ordre ont saisi des brassards de police, des armes de poing ainsi que des armes de guerre. Des vêtements militaires ont également été retrouvés au même endroit. Bernard Cazeneuve n'a en revanche pas confirmé la saisie d'un lance-roquette dans la banlieue sud de Lyon.

En tout, ce sont 31 armes, dont 19 armes de poing et 4 armes de guerre qui ont été découvertes, alors que 23 personnes ont été interpellées et placées en garde à vue. Les policiers ont par ailleurs saisi de nombreux ordinateurs, téléphones et disques durs.

Dans le Val-de-Marne, six perquisitions administratives visant "la mouvance radicale" ont été menées. Selon une source proche de l'enquête citée par l'AFP, "des munitions ont été saisies, mais pas d'armes".

La législation française s'adapte au terrorisme

Bernard Cazeneuve a par ailleurs rappelé que depuis les attentats de janvier, 203 interdictions de sortie du territoire avaient été prononcées contre des résidents français, alors que 62 étrangers ont été interdits d'entrer en France. 87 sites internet soupçonnés de relayer la propagande jihadiste ont par ailleurs été fermés.

Le ministre de l'Intérieur a annoncé également que 6 personnes avaient été déchues de la nationalité française et que 34 autres, étrangères, étaient en passe d'être expulsées de France. Enfin, depuis 48 heures et les attentats de Paris, 104 personnes présentant une menace ont été assignées à résidence sur tout le territoire français.

"Celui qui s’en prend à la République, la République le rattrapera. Elle sera implacable avec ses complices et ceux qui l’on endoctriné", a prévenu Bernard Cazeneuve. "Les terroristes ne détruiront jamais la République, car c’est la République qui les détruira".
>> La carte des perquisitions:

Paul Aveline