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Léguer son compte Facebook après sa mort, un acte bientôt possible?

Réseaux sociaux, messageries professionnelles ou privées, les comptes des défunts continuent à vivre au-delà de leur propriétaire. Mais peut-on prendre des dispositions s'il devait nous arriver quelque chose? Et qui prévenir? Réponse avec un spécialiste de cette délicate question.

En ce jour de la Toussaint, les Français rendent hommage à leurs défunts. Mais comment gérer "l'après" d'une vie numérique. Sera-t-il un jour possible de léguer ses données numériques? Pourra-t-on en faire don, comme ses organes? Stéphane Petibon, directeur général de la messagerie Newmanity, était invité de BFMTV à ce sujet.

 > Pourquoi certains morts vivent-ils encore sur la toile?

"Il reste des comptes parce que l'on ne prévoit pas leur fermeture de son vivant. De plus, les opérateurs ne sont en général pas à même de fermer les comptes à la place de quelqu'un car aucune loi oblige à le faire. La loi pour la République numérique d'Axelle Le Maire va permettre de prendre des dispositions quant à ces données numériques après la mort car plus un compte reste ouvert longtemps sans actions, plus il est sujet à être piraté. De même que pour un compte mail. Nous, sur Newmanity, on donne un compte email à vie car il peut y avoir une usurpation d'identité s'il est donné à une autre personne".

 > Sera-t-il possible un jour de faire don de son héritage numérique?

"Pour le moment, rien n'est prévu à cet effet. Il n'y a que des initiatives privées, des entreprises privées comme les nôtres qui proposons à nos utilisateurs de pouvoir désigner un légataire de ces données. Ce dernier va pouvoir soit fermer le compte, soit l'utiliser pour récupérer les photos et tous les souvenirs du défunt. De plus, avec la loi pour la République numérique, vous allez pouvoir prendre de réelles dispositions de votre vivant. Vous allez soit choisir de fermer tous vos comptes numériques, que ce soit sur Facebook ou d'autres réseaux sociaux. Soit vous nommerez un légataire, lequel vous pourrez changer au cours de votre vie, ou le donnerez à un héritier légal. Ce sera réalisable dans le cadre d'acte notarié classique ou en collaboration avec un organisme agréé par l'Etat. C'est encore flou".

> Quelles sont les réactions de vos employés quant à cet héritage particulier?

"On a fait un test de réactions sur près de 3.000 personnes. Elles sont assez positives mais les principaux concernés sont surtout très étonnés, ils n'y ont généralement pas pensé. Mais Il faut anticiper comme pour une maison ou des organes. Quand vous faites un don d'organes, peut-être que vous êtes donateur mais personne ne le sait. Là, il faut en parler à son entourage, il faut pouvoir donner ses données comme on donne ses organes".

Julie Breon