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Le mouvement d'ultradroite "Bastion social" dissous par le Conseil des ministres

Des gendarmes français devant les locaux du groupe d'extrême droite 'Bastion social' alors que des manifestants protestent contre son ouverture à Marseille, le 24 mars 2018.

Des gendarmes français devant les locaux du groupe d'extrême droite 'Bastion social' alors que des manifestants protestent contre son ouverture à Marseille, le 24 mars 2018. - Bertrand Langlois - AFP

Cette décision permettra de "mettre fin aux exactions répétées commises" en marge de rassemblements de la voie publique, selon le ministère de l'Intérieur.

La dissolution du mouvement d'ultradroite Bastion social, accusé d'appeler à la haine, aux discriminations et aux actions violentes, a été prononcée ce mercredi en Conseil des ministres, a annoncé le ministère de l'Intérieur.

Cette décision a été prise "pour mettre fin aux exactions répétées commises" en marge de rassemblements de voie publique, a précisé le ministère dans un communiqué. Il dénonce également "des agressions à caractère raciste et antisémite" ayant eu lieu dans plusieurs villes de France.

Le chef du groupuscule Steven Bissuel, retiré du mouvement par la suite, avait été condamné à 20.000 euros d'amende à Lyon l'été dernier pour "provocation à la haine raciale et à la violence en raison d'une origine ethnique, en état de récidive légale". Il avait publié sur les réseaux sociaux un dessin d'ananas portant des étoiles jaunes et des pyjamas rayés, avec en sous-titre la mention "teneur garantie: 6 millions au Zyklon B".

Le président Emmanuel Macron s'était engagé fin février à la dissolution "des associations ou groupements qui par leur comportement nourrissent la haine, promeuvent la discrimination ou appellent à l'action violente".

Sept associations dissoutes en tout

Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a dans le même temps annoncé la dissolution de six autres associations rattachées à ce premier groupe: "Les Petits Reblochons", "Association Lugdunum", "Cercle Frédéric Mistral", "Cercle Honoré d’Estienne d’Orves", "Association Arvernis" et "Solidarité Argentoratum".

"Ces sept associations, étroitement liées par leurs slogans, leurs doctrines, leurs méthodes et leurs appels à la violence constituent ensemble le 'Bastion social' et ont toutes été dissoutes ce jour", est-il écrit dans le communiqué.

La décision du Conseil des ministres intervient au moment où le gouvernement étudie les moyens de dissoudre un groupuscule d'extrême droite, Génération Identitaire.

Adepte de la théorie du "grand remplacement"

Bastion Social a été créé au printemps 2017 à Lyon par des membres du Groupe Union Défense (GUD), syndicat étudiant d'extrême droite. Au mois de mai 2017, ils avaient investi un bâtiment désaffecté du centre de Lyon pour y héberger des SDF. Ils en avaient été expulsés en juin par la police, à la demande de la mairie, propriétaire du bâtiment.

Inspiré du mouvement italien CasaPound, le groupe est adepte des thèses du "grand remplacement", qui prophétise la disparition des "peuples européens". Il affirme également lutter contre le "capitalisme ultralibéral", et n'a pas caché sa sympathie pour le mouvement social des gilets jaunes.

"Le Bastion social est un mouvement national révolutionnaire qui a une visé à la fois social et de défense identitaire", avait défendu le porte-parole de l'association en décembre 2017.
Salomé Vincendon avec AFP