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Le Havre : 8 500 desserts jetés pour cause de gélatine animale

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8 500 portions de mousse au chocolat destinées aux cantines scolaires ont été jetées au Havre. La raison : la présence de gélatine de porc. Pour une association de parents d’élèves, il s’agit d’un « gâchis formidable ».

Des milliers de desserts à la poubelle. Quelque 8 500 portions de mousse au chocolat, confectionnées dans les 67 cantines scolaires du Havre pour les enfants des écoles primaires et maternelles, ont été jetées. La raison : la présence de gélatine animale, notamment de porc.
La mesure a été prise à la dernière minute en raison de l'inquiétude des personnels des cuisines, car la gélatine animale utilisée pour la confection de la mousse au chocolat est souvent réalisée à base de porc, et donc interdite à la consommation par plusieurs religions.

« C’est un gâchis formidable »

Sans entrer dans le débat religieux, l'affaire choque surtout parce qu’il y a eu gaspillage de nourriture. Sébastien Léger, président de la FCPE (association de parents d’élèves) de Seine-Maritime, n’en revient pas : « C’est un gâchis formidable. On n’imagine pas jeter autant de mousse au chocolat qui d’ailleurs a été mangée précédemment. Moi je ne m’arrête pas à la composition de tel ou tel repas et si cela déplaît à tel ou tel, ce que je peux comprendre, pour des raisons philosophiques ou religieuses, personne n’est obligé de manger ni le repas en question, ni le produit en question. Chacun est libre de faire ce qu’il veut mais il me semble que l’école a un principe intangible et c’est celui de la laïcité ».
Le principe de laïcité est aussi défendu par Yves Bertrand, conseiller municipal PRG (Parti radical de gauche) : « Il y a déjà dans les cantines scolaires des plats de substitution, si maintenant on doit aussi entrer dans la composition de l’ensemble des produits, des ingrédients, on ne va pas s’en sortir. La seule solution pour s’en sortir, c’est la règle de la laïcité. Ces cultes n’ont pas à dicter leurs lois à la République ».

« On aurait pu trouver le moyen de les redistribuer »

Pour Benjamin Planchon, coordinateur des Restos du cœur au Havre, ces desserts auraient pu être utilisés. « On aurait pu trouver le moyen de les redistribuer, affirme-t-il. Si ce n’est pas distribuable en centre, ça peut être fait dans le cadre des activités-gens de la rue ou dans le cadre de repas chauds. C’est vrai que l’on se rend compte que le gaspillage alimentaire dans notre société est faramineux. Ca fait juste se rendre compte qu’il y a encore beaucoup de travail à faire. C’est vrai qu’on est autour de 20% d’augmentation des personnes accueillies alors qu’on était autour de 8 à 10% les années précédentes ».

« Les règles sont très strictes »

Philippe Brunel, directeur général adjoint au développement social et à la famille du Havre, invoque le principe de précaution : « On pense que les mentions sur les emballages n’étaient pas forcément habituelles et que là, la référence très explicite à l’origine animale d’un certain nombre de composants a interrogé, voire inquiété un certain nombre de nos cuisiniers. On a vérifié, on a regardé le produit, c’est un produit qui est parfaitement courant qui rentrait déjà dans la composition d’un certain nombre de nos menus. Ce qui avait été déjà produit, ça ne pouvait pas être gardé, donc devait être jeté. Les règles sont très strictes ».

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La Rédaction

La Rédaction, avec Stéphanie Collié