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Le dernier survivant du "massacre de Tulle" par les nazis est mort

L'ex-président François Hollande aux côtés de Jean Viacroze à Tulle, le 7 mai 2017.

L'ex-président François Hollande aux côtés de Jean Viacroze à Tulle, le 7 mai 2017. - Georges Gobet - POOL - AFP

L'homme de 104 ans avait vécu le massacre de Tulle, avant d'être déporté à Dachau, où il avait été l'objet d'expériences médicales menées par les nazis.

Jean Viacroze était le dernier survivant du "massacre de Tulle" du 9 juin 1944, lors duquel 99 otages avaient été pendus par les SS et plus d'une centaine d'autres déportés. Il est décédé mardi à l'âge de 104 ans, a-t-on appris ce jeudi auprès de son entourage.

D'origine périgourdine, Jean Viacroze s'était installé en 1938 dans la préfecture de Corrèze comme coiffeur. Le 9 juin 1944, au lendemain d'une éphémère libération de Tulle par les maquisards, la Division SS "Das Reich" reprenait la ville et raflait quelque 3000 hommes.

Déporté à Dachau

Une majorité d'entre eux étaient relâchés, mais 120 étaient voués à la pendaison. Au final, 99 ont été pendus, aux lampadaires et balcons de la ville, spectacle terrifiant pour la population.

Les jours suivants, 149 otages avaient été déportés. Seuls 48 étaient revenus, Jean Viacroze parmi eux. Envoyé en juillet au camp de Dachau, il y avait survécu à des expériences médicales menées par les nazis avant d'être transféré dans un camp de travail dans le Tyrol. En mai 1945, il quittait l'Autriche dans un camion vers la Suisse, et retrouvait la liberté.

"Une grande figure de la ville"

Le 9 juin dernier, Jean Viacroze avait encore participé aux commémorations du massacre de Tulle. Il avait, au fil des ans, rencontré nombre de jeunes générations, pour que le drame ne soit pas oublié.

L'ancien chef de l'Etat, et ancien maire de Tulle, François Hollande, a dans un tweet salué mercredi "une grande figure de la ville". Jean Viacroze "avait connu l'enfer de la déportation et la tragédie du 9 juin. À près de 104 ans, il continuait à témoigner auprès des nouvelles générations. Sa mémoire continuera à vivre", a ajouté François Hollande.

Après Tulle, la division Das Reich avait poursuivi sa route meurtrière vers le front de Normandie, et le 10 juin avait massacré 642 villageois d'Oradour-sur-Glane (Haute-Vienne), dont plus de 450 femmes et enfants.

Salomé Vincendon avec AFP