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Le danger des rodéos sauvages pointé du doigt après la mort d’un jeune homme dans l'Essonne

Dimanche dernier, un jeune homme de 20 ans est mort à Wissous, au cours d'un rodéo à moto. Cette pratique est devenue courante dans certaines communes de l'Essonne, des élus veulent encadrer la pratique et sévir.

Sur la roue arrière, les motards se lancent à pleine vitesse sur la route d'une zone artisanale. Quelques dimanches par mois, ces amateurs de sensations se rassemblent pour faire du "stunt", une discipline qui consiste à effectuer des acrobaties à moto. Dimanche dernier lors de l'un de ces rodéos à Wissous, dans l'Essonne, un jeune homme de 20 ans est mort en percutant une autre moto. L'autre conducteur a été interpellé et placé en garde à vue pour homicide involontaire.

"Ils ont fait un face à face en bécane, l'autre s'est sauvé. Ca a refroidit tout le monde", concède Sandop, un motard qui s'adonne à cette pratique.

Ces amateurs de rodéos urbains ont conscience d'avoir une passion qui déborde du cadre légal. Face aux dangers, cet adepte du "stunt" assure que les groupes comme le sien s'imposent des règles pour limiter les risques comme s'interdire de rouler en face à face ou quand il y a de la circulation. "Si t'as pas de casque sur la tête, c'est pas avec nous que tu vas rouler", poursuit-il. Ils privilégieraient aussi les zones artisanales le week-end, quand les entreprises sont fermées.

Nuisances sonores et accidents

D'autres groupes seraient moins prudents et pratiquent ces rodéos en semaine. Le phénomène engendre de fortes nuisances sonores et reste dangereuse pour les sociétés des alentours.

"On a de la circulation de poids-lourds qui entrent qui sortent de chez nous. On a eu un accident, un des motards est rentré dans notre camionnette", explique Ivan Hernandez, responsable d'un site Volvo, situé en zone artisanale.

Certains ont déjà alerté la police et les services publics, sans que cela ne porte ses fruits. D'après Richard Trinquier, le maire de Wissous, la répression ne réglerait pas le problème, il souligne aussi la dangerosité des courses poursuite avec la police et le risque de causer des accidents.

"Quelle répression voulez-vous utiliser? Ce sont des gens qui sont en moto, en motos puissantes pour certaines. C'est une envolée de motos, c'est une poursuite par les patrouilles de police avec toute la dangerosité que ça implique. Il ne faut pas se voiler la face, on n'empêchera pas cette pratique, il faut trouver un cadre", souligne l'élu.

Encadrer la pratique en fermant des routes?

Parmi les pistes de réflexions, il pourrait être envisagé de fermer des routes à la circulation le week-end avec la présence de secours et de forces de l'ordre pour sécuriser les lieux. Dans la commune voisine de Viry-Châtilon, le maire plaide lui pour une loi anti-rodéo à laquelle il travaille avec des élus du département.

"A mon sens, on doit pouvoir confisquer immédiatement tous les véhicules à chaque fois qu'on les arrête, avec des peines d'amendes qui soient bien plus élevées", appuie Jean-Marie Vilain.

Il insiste aussi sur la nécessité de responsabiliser aussi bien les jeunes qui s'adonnent à cette pratique que leurs parents. Il s'interroge aussi sur l'opportunité de cibler les vendeurs de certains engins comme les mini-motos: "il faudrait peut-être quelque chose de plus sévère pour ceux qui vendent parfois en toute illégalité ce genre d'engins à n'importe qui".
C. B avec Séga Kanouté