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Le coup de gueule d'un jeune boulanger contre la grande distribution devient viral

Sa vidéo tournée à la sortie d'un supermarché et postée sur Facebook a été partagée plus d'un millier de fois. Et le petit commerce en redemande.

C'est à la fois un cri du cœur et un coup de colère. Jordan Ayrton Lecestre, jeune boulanger du Tarn-et-Garonne défend son métier avec passion en postant une vidéo sur Facebook. Tournée dans sa voiture à la sortie d'un supermarché, la diatribe de plus de trois minutes a été partagée plus de trois mille fois et vue plus de 100.000 fois ce vendredi. L'élément déclencheur? Le fait d'avoir vu, le 2 octobre, deux personnes devant lui venues spécialement dans le magasin Super U pour acheter deux baguettes de pain.

"Il n'y a pas des boulanger dans votre quartier, dans votre village?", commence par s'interroger l'artisan. "Dans vingt ans quand vous-vous direz 'Tiens je vais acheter un gâteau, pour fêter l'anniversaire de mon petit, ben non il n'existera plus le boulanger, parce que vous l'aurez tué le boulanger!", s'insurge Jordan Lecestre.

"Baguette tradition" contre "bio hors de prix"

Visiblement excédé, le jeune artisan continue de dérouler sa critique. Déjà, il rappelle les conditions d'élaboration du pain de la grande distribution. Des produits garnis "d'améliorants". Jordan rappelle que le label baguette de tradition française a été créé "en 1993 pour les ignorants et qui est fait pour mettre en avant l'artisanat. C'est une baguette pour manger sain, dans laquelle il n'y a pas les additifs, les améliorants qu'il y a dans vos baguettes que vous achetez" en grande distribution.

"Une vraie boulangerie, il faut qu'il y ait écrit 'boulangerie' dessus. S'il y a écrit 'Au bon pain', 'A la croissanterie', 'A la mie câline', ce n'est pas une boulangerie". Et puis, argue-t-il, les gens qui œuvrent dans la grande distribution "se lèvent à 6 heures pour cuire du pain congelé". Rien à voir avec un artisan boulanger qui "se lève entre minuit et deux heures du matin" et utilise une "vraie farine". "Vous êtes-vous demandé pourquoi la baguette de supermarché valait 35 centimes?", s'indigne-t-il.

Et enfin, de torde le cou au "bio" dont il juge le prix "exorbitant" et dont il laisse entendre, entre les lignes, que le bénéfice attendu n'est sans doute pas à la hauteur. "Faites marcher l'artisanat français, on en a besoin, b....l de m...de", conclut-il.

Vie ou mort des cœurs de villes et villages

Par delà l'anecdote d'un discours inspiré qui s'est arrogé l'assentiment de nombreux artisans qui en redemandent, c'est le sort des zones rurales et des zones périurbaines qui est en balance. La désertification rampante touche les centres-bourgs et les villages avec dans certaines villes moyennes, soit entre 10.000 et 100.000 habitants.

A Béziers par exemple, la vacance des petits commerces atteint 24%. La ville est suivie de Châtellerault et Forbach dans le palmarès des bourgades les plus touchées. 

David Namias avec Loïc Besson et Maxime Meunier