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Le cinéaste Alain Resnais est mort

Le réalisateur Alain Resnais en mai 2012 lors de la 65e édition du Festival de Cannes

Le réalisateur Alain Resnais en mai 2012 lors de la 65e édition du Festival de Cannes - -

Le réalisateur est décédé samedi soir à Paris à l'âge de 91 ans.

Le réalisateur Alain Resnais, qui a marqué l'histoire du cinéma français d'oeuvres majeures, est mort samedi soir à Paris à l'âge de 91 ans, a annoncé le producteur de ses derniers films, Jean-Louis Livi.

"Sa mort est intervenue hier soir entouré de sa famille et de ses proches à Paris", a-t-il précisé.

Cinéaste de la mémoire et de l'imaginaire

Cinéaste de la mémoire et de l'imaginaire, Alain Resnais, né le 3 juin 1922 à Vannes (Morbihan), s'était passionné très tôt pour la littérature et le cinéma, tournant son premier court métrage à 13 ans avant de s'inscrire à l'Idhec en 1943.

Sa filmographie compte de nombreux courts métrages et documentaires et ainsi qu'une vingtaine de longs métrages parmi lesquels Hiroshima mon amour (1958), Providence (1976), Mon oncle d'Amérique (1980), Smoking/No smoking (1993) ou encore On connaît la chanson (1997).

Le réalisateur avait dernièrement été mis à l'honneur lors du 64e Festival du film de Berlin pour son dernier long métrage, Aimer, boire et chanter, une fantaisie entre théâtre, cinéma et bande dessinée avec six comédiens tout à la joie de leur texte. Il avait reçu pour ce film le prix Alfred Bauer, attribué en mémoire du fondateur du festival "pour un film qui ouvre de nouvelles perspectives".

"Il était en train de préparer, avec moi, un autre film dont il avait écrit le premier scénario", a encore indiqué le producteur Jean-Louis Livi, qui a produit les trois derniers films du cinéaste: Les Herbes folles (2009), Vous n'avez encore rien vu (2012) et Aimer, boire et chanter (sortie prévue le 26 mars en France).

"Il faut des funérailles nationales"

Parmi les premières réactions, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a salué un "grand talent, un grand grand talent, universellement connu".

"Si l'Etat ne fait pas à cet artiste modeste et modèle des funérailles nationales, comme l'Italie à Fellini, ce serait un abandon de gloire", a tweeté le président du Festival de Cannes, Gilles Jacob.

Son délégué général, Thierry Frémaux, a fait part de sa "tristesse de voir un géant du cinéma" s'en aller. "Ce n'est pas tant qu'Alain Resnais est mort, c'est qu'il n'y aura plus de films d'Alain Resnais", a-t-il déclaré sur France Info, rappelant que le cinéaste avait reçu en 2009 à Cannes un prix pour l'ensemble de son oeuvre. Le responsable a surtout fait part de sa "peine" pour le départ d'un "homme qu'il connaissait bien" et pour son entourage proche.

"Il aimait beaucoup travailler selon des méthodes très amicales, très habituelles, il aimait s'entourer d'une troupe", selon Thierry Frémaux, faisant référence aux acteurs André Dussollier, Pierre Arditi et Sabine Azéma, sa muse, qu'il a épousée en 1998.