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Ladj Ly, réalisateur des Misérables, présente son film comme "un cri d'alarme aux politiques"

Le réalisateur de ce long-métrage, qui raconte une bavure policière en Seine-Saint-Denis, s'est dit "très content" qu'Emmanuel Macron ait pu voir le film et qu'il ait été "bouleversé". Sur notre plateau, Ladj Ly raconte qu'il avait même invité le chef de l'État a visionner Les Misérables à Montfermeil.

Ladj Ly, réalisateur du film Les Misérables, a confié qu'il était "très content" que le chef de l'État ait vu et ait été "bouleversé" par son film. En effet, le JDD confiait dimanche qu'Emmanuel Macron avait été "bouleversé par la justesse" de ce long-métrage, et qu'il avait même demandé au gouvernement de "se dépêcher de trouver des idées et d'agir pour améliorer les conditions de vie dans les quartiers".

Les Misérables, qui a reçu le prix du Jury au festival de Cannes et est désormais sélectionné pour représenter la France aux Oscars, raconte 'histoire d'une patrouille de la BAC qui va vivre une journée compliquée à Montfermeil en Seine-Saint-Denis, et qui va commettre une bavure policière en plein coeur d'une cité de la région parisienne. 

"J'espère que les choses bougeront"

"J'ai appris comme tout le monde dans la presse qu'il (Emmanuel Macron) avait vu le film et qu'il avait été bouleversé. On est très contents qu'il l'ait vu", a confié le réalisateur sur notre plateau. "J'avais lancé cet appel, ce cri d'alarme à Cannes. Je voulais absolument que le président de la République voit le film, c'est désormais chose faite, et j'espère que les choses bougeront". "C'est vrai qu'il (Emmanuel Macron) nous avait invité à venir voir le film à l'Élysée, j'avais refusé l'invitation et l'avais plutôt invité à venir à Montfermeil, au Bosquet, dans mon école de cinéma car j'estimais que symboliquement, c'était beaucoup plus fort", raconte Ladj Ly sur notre plateau, qui indique avoir finalement envoyé un simple DVD au palais de l'Élysée.

Ladj Ly présente son film comme "un cri d'alarme adressé à nos politiques", qui selon lui, "sont quand même les premiers responsables de la situation de nos quartiers depuis plus de trente ans". Le réalisateur estime que "c'était important pour lui que le président voit son film car "c'est tout de même le chef de l'État, donc il ne pourra pas nous dire qu'il n'était pas au courant de la situation". 

Ladj Ly déplore que l'idée de mettre sur pied un nouveau plan Borloo de rénovation des quartiers n'ait pas été poursuivie par le gouvernement. "Le plan (de rénovation urbaine de Jean-Louis) Borloo, c'est le seul projet que j'ai vu de mes yeux et qui a fait bouger les choses (...) Donc c'est vrai qu'on a été très déçus et qu'on avait pas compris pourquoi le plan avait été annulé au dernier moment. On s'est posé plein de questions", se souvient le réalisateur.

Jeanne Bulant