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La barre des 100.000 demandes d'asile a été franchie en 2017

Le directeur de l'Ofpra Pascal Brice avec un migrant afghan à Calais, le 24 janvier 2016

Le directeur de l'Ofpra Pascal Brice avec un migrant afghan à Calais, le 24 janvier 2016 - PHILIPPE HUGUEN / AFP

Alors qu'un projet de loi sur l'asile et l'immigration doit être présenté en février en Conseil des ministres, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a annoncé qu'un peu plus de 100.000 demandes d'asile avaient été déposées en France en 2017. Un niveau "historique".

La France a enregistré un peu plus de 100.000 demandes d'asile en 2017, a annoncé lundi le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), Pascal Brice. Un niveau "historique", au regard des 20.000 demandes à peine déposées en 1981, année la plus ancienne pour laquelle l'Ofpra a fourni des données.

Les demandes d'asile ont augmenté de 17% l'an dernier, atteignant 100.412 au total, après une progression de 6,5% en 2016. Une hausse "soutenue" même si "ce n'est pas un afflux massif", a-t-il estimé. "Cela confirme que la France est dans les tout premiers pays de la demande d'asile en Europe", notamment derrière l'Allemagne qui s'attend à un peu moins de 200.000 dossiers cette année, a ajouté Pascal Brice.

Toutefois, pour avoir une vision exhaustive, il faut ajouter à ces chiffres ceux des migrants n'ayant pas encore déposé leur dossier à l'Ofpra. La première étape de la procédure se fait en effet en préfecture, qui examine si les personnes relèvent d'un autre pays européen pour leur demande (au titre du règlement "Dublin"). Dans une circulaire fin novembre, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb estimait qu'"aujourd'hui, près de 52% des demandeurs" relevaient de cette procédure.

Les Albanais et les Afghans, principaux demandeurs d'asile en France

Le "taux d'accord", qui permet aux demandeurs de devenir réfugiés, a fléchi, passant de 38% en 2016 à 36% l'an dernier. Une baisse qui s'explique, selon Pascal Brice, par la situation de ressortissants comme ceux d'Albanie. L'an dernier, le premier pays d'origine des demandeurs d'asile a en effet été l'Albanie, avec 7.630 demandes (hors mineurs accompagnants), soit une hausse de 66%. L'Albanie étant considéré comme "d'origine sûre", l'Ofpra n'a accordé sa protection qu'à 6,5% des demandeurs.

Deuxième pays d'origine des demandeurs, l'Afghanistan a représenté 5.987 demandes (+6%), avec un taux de protection de 83%. Mais les migrants afghans arrivés l'an dernier en France sont sans doute plus nombreux du fait du nombre élevé de "dublinés" parmi eux, notamment après un passage en Allemagne. Viennent ensuite les ressortissants d'Haïti (nombre de dossiers stable à 4.934), du fait du niveau toujours élevé de demandes en Guyane, puis les Soudanais (-24% à 4.486), et les Guinéens qui ont été 3.780 à solliciter l'asile, soit un bond de 62%.

Un délai moyen d'attente de trois mois

On observe par ailleurs une forte progression des ressortissants de pays d'Afrique de l'Ouest et francophone, notamment des Ivoiriens dont le nombre a plus que doublé (3.243) parmi les demandeurs d'asile et des ressortissants de République démocratique du Congo (+15%, à 2.941). "Cela reflète le phénomène des traversées via la Libye vers l'Europe", a commenté le responsable de l'Ofpra.

Malgré un taux de protection très élevé (95%), les Syriens, souvent arrivés via des programmes de réinstallation, ont en revanche été moins nombreux à solliciter l'asile en France l'an dernier, avec une baisse de 10%, atteignant 3.249 demandes.

Enfin le délai moyen d'attente "est tombé à près de trois mois", a précisé Pascal Brice qui assure que l'Ofpra "poursuit ses efforts pour atteindre en 2018 l'objectif des deux mois" fixé par Emmanuel Macron, "dans le strict respect des droits de chaque demandeur".

Me.R. avec AFP