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L214 lance une campagne massive adressée à Lidl pour dénoncer les conditions d'élevage des poulets

LIDL, entreprise de distribution allemande fondée en 1930

LIDL, entreprise de distribution allemande fondée en 1930 - AFP

L'association L214 parodie l'enseigne pour dénoncer les pratiques avicoles de leurs distributeurs.

Le distributeur Lidl France a assuré ce vendredi vouloir vendre du poulet produit dans de meilleures conditions, assortissant son engagement de bémols qui font tiquer l'association de défense des animaux L214.
Dans un communiqué, l'enseigne "annonce se donner tous les moyens pour remplir les critères" de l'European Chicken Commitment (ECC), un cahier des charges défendu par une trentaine d'ONG de protection animale, dont L214, pour améliorer les standards d'élevage et d'abattage de la filière avicole. Parmi les critères: moins d'animaux au m2, l'arrêt de l'utilisation de souches de poulet à croissance rapide, l'entrée de lumière naturelle dans les bâtiments d'élevage, l'installation de perchoirs...

Un "oui mais"

Lidl emboîte ainsi le pas aux groupes Casino, Les Mousquetaires (Intermarché, Netto), Auchan, Système U ou Carrefour, qui s'étaient déjà engagés à respecter d'ici à 2026 l'ECC pour les produits commercialisés sous leur marque de distributeur (MDD) contenant plus de 50% de poulet. L'enseigne émet toutefois des réserves. Elle affirme, "après consultation des fournisseurs et producteurs partenaires", que deux objectifs sont difficilement atteignables par la filière avicole française d'ici à 2026: la réduction de la densité dans les bâtiments et l'arrêt de l'utilisation de poulets à croissance rapide.

"Bien sûr le bien-être animal est aujourd'hui plus qu'essentiel à nos yeux", déclare Michel Biero, directeur exécutif achats et marketing Lidl France. "Mais je tiens à alerter très, très fortement sur les risques économiques pour la filière avicole française", poursuit-il, soulignant que l'enseigne est aussi attachée au "bien-être de l'éleveur".

"Un engagement au rabais"

Il appelle "toutes les parties prenantes" - agriculteurs, transformateurs, distributeurs mais aussi ONG - "à échanger sur ces sujets" afin que la décision ne s'applique pas "unilatéralement" aux producteurs.

"On pourrait mettre plein de choses en place, créer un fonds ensemble" pour aider les agriculteurs à faire face aux investissements nécessaires, suggère-t-il.

La communication du distributeur "ne répond pas aux mesures minimales attendues par une majeure partie des citoyens et que nous portons auprès de Lidl depuis plus d'un an", a réagi L214 dans un communiqué. Pour l'association antispéciste, l'enseigne a été "probablement informée" qu'elle serait visée mardi par une campagne "peu flatteuse" et tente de l'"esquiver" en publiant un "engagement au rabais".

Une campagne d'ampleur

Pas satisfait de cet engagement "minimal", L214 a lancé ce mardi une campagne massive contre l'enseigne en dénonçant les conditions d'élevage et d'abattage des poulets dont Lidl s'approvisionne. Dans le cadre de cette campagne, l'association de protection animale a mis en ligne une pétition "stop cruauté" et à réaliser des clips vidéos qui parodient les publicités de l'entreprise de distribution.

La parodie "Allô patron" détourne la réplique "on est mal patron", caractéristique d'un ensemble de publicités Lidl qui mettent en scène un employé d'un groupe concurrent qui appelle son patron après avoir observé les produits de "qualité" de Lidl. L214 la détourne en y dénonçant les pratiques avicoles des producteurs auxquels la marque allemande discount a recours puis en y ajoutant des images choc.

L214 a aussi lancé des campagnes d'affichage devant les magasins de 25 grandes villes en France. Un camion publicitaire circule devant les commerces et des tracts sont distribués afin d'informer les clients sur les conditions intensives avicoles.

Interrogée sur RMC, la porte-parole et directrice de l'association antispéciste Brigitte Cothière a déclaré "attendre des actes" et "un engagement ferme".

Barbara Fogiel avec AFP Journaliste BFMTV