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Joggeuse tuée à Toulouse: le suspect renvoyé aux assises

Investigations dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Patricia Bouchon à Bouloc, près de Toulouse, le 17 février 2015

Investigations dans le cadre de l'enquête sur le meurtre de Patricia Bouchon à Bouloc, près de Toulouse, le 17 février 2015 - REMY GABALDA, AFP/Archives

Patricia Bouchon, une mère de famille de 49 ans, avait été retrouvée morte à Bouloc près de Toulouse en février 2011, alors qu'elle était partie courir. Le seul suspect incarcéré depuis maintenant quatre ans a été renvoyé aux assises ce jeudi

Patricia Bouchon était partie faire un jogging au petit matin le jour de la Saint-Valentin en 2011 près de Toulouse, avant que son corps ne soit retrouvé un mois et demi après. La justice a décidé ce jeudi de renvoyer aux assises le seul suspect, contre l'avis du parquet général.

"Le coupable idéal"

Tout juste sept ans après les faits, la chambre d'instruction de la cour d'appel de Toulouse estime "qu'il y a des charges suffisantes contre Laurent Dejean", un plaquiste incarcéré depuis quatre ans, selon la décision de justice lue par l'avocat du suspect Guy Debuisson.

"C'est clair, c'est net, c'est précis", a déclaré l'avocat. "Dans ce dossier, il fallait un coupable, il a été incarcéré longtemps après les faits; par sa personnalité, Laurent Dejean est le coupable idéal", a-t-il ajouté devant quelques journalistes.

Incarcéré depuis quatre ans

"C'est un soulagement. C'est un nouveau combat qui commence, on va peut-être obtenir des réponses", espère Carlyne Bouchon, la fille de la victime.

Le suspect, présenté comme "psychotique" pendant l'enquête, est en prison depuis février 2014 pour le meurtre, trois ans plus tôt, de Patricia Bouchon, mère de famille de 49 ans.

Laurent Dejean, qui avait déjà subi des hospitalisations d'office et des "traitements très lourds", avait été placé en garde à vue à deux reprises avant d'être finalement interpellé le 9 février 2014, puis mis en examen pour "homicide volontaire" et écroué.

"L'un dit blanc, l'autre dit noir"

Cependant, mi-janvier, l'avocat général de la chambre de l'instruction a estimé dans son réquisitoire qu'il n'y avait pas, dans le dossier de 50.000 pages, les éléments nécessaires pour un renvoi devant la cour d'assises, avait alors dit Guy Debuisson.

Le parquet général, qui s'était pourtant toujours opposé à la remise en liberté de Laurent Dejean, est ainsi allé à l'encontre du juge d'instruction qui avait renvoyé le suspect aux Assises. Selon la défense, l'enquête n'a notamment pas permis de rattacher Laurent Dejean au crime, l'ADN retrouvé sur la victime n'étant pas le sien et la voiture aperçue sur les lieux étant une Clio grise, alors que la sienne était blanche, a fait valoir l'avocat.

"La justice est extraordinaire: après une analyse méthodique, l'avocat général estime qu'il n'y a pas assez d'éléments à charge pour renvoyer Laurent Dejean devant la cour d'assises, et la chambre d'instruction dit le contraire, l'un dit blanc, l'autre dit noir", a commenté ce jeudi Guy Debuisson, après la décision de la chambre d'instruction.

"Revivre des moments très difficiles"

Une vision que ne partage pas l'avocate des parties civiles, Léna Baro. "On est confiant depuis le début, il y a des éléments à charge, c'est une décision logique", a-t-elle déclaré. L'avocate toulousaine affirme notamment que Laurent Dejean "était propriétaire au moment des faits d'une Renault Clio comme celle décrite dans le dossier et un portrait-robot très ressemblant a été réalisé avec un témoin capital".

"Au bout de sept ans, on a quand même conscience que la parole de Laurent Dejean n'a pas encore été libérée", a encore confié Carlyne Bouchon, qui attend "des réponses" du procès d'assises, même si elle s'attend à "revivre des moments très difficile". De son côté, Guy Debuisson, indique que fort "des réquisitions de non lieu", il va prochainement présenter une nouvelle demande de mise en liberté de son client.
M. F. avec AFP