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Jeunes, sans diplômes: le profil des contrats aidés, menacés de suppression

Les communes ont particulièrement recours aux contrats aidés

Les communes ont particulièrement recours aux contrats aidés - Cellule communication de Verviers / Flickr

INFOGRAPHIE - Jeune, sans diplôme, chômeur de longue durée: voici le portrait type d’un bénéficiaire d'emploi aidé. L’État s’apprête à signer 170.000 contrats aidés de moins cette année.

La rentrée du gouvernement s’annonce délicate. Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, a prévu de signer 293.000 contrats aidés cette année contre 456.000 l'an dernier. Ce dispositif, destiné prioritairement aux personnes en difficulté d’emploi, permet à l’État de financer une partie de l’embauche, jusqu’à 47% d’un SMIC brut dans le privé (CUI-CIE) et 95% dans le milieu associatif (CUI-CAE). Les mairies et associations locales y ont donc particulièrement recours.

Les personnes issues de milieux défavorisés sont les plus concernées par cette diminution. Selon les chiffres de la DARES, 59% des bénéficiaires étaient inscrits à Pôle emploi depuis plus d'un avant de signer ce type de contrat. 62% des signataires ont un diplôme inférieur au bac et près de 25% viennent d’une zone prioritaire (quartier difficile, zone rurale, outre-mer…).

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Un effet sur l’emploi limité

Dans l’ensemble, les contrats aidés créent des emplois à court terme: 54% des signatures concernent une embauche qui n’aurait pas eu lieu. Ce financement permet également à des personnes en difficultés d’accéder à l’emploi: sans aides, dans 9% des cas, l’embauche aurait profité à un autre candidat.

Cependant, un tiers des recrutements en emploi aidé correspond en réalité à des "effets d’aubaine": l’employeur comptait embaucher cette personne avec ou sans aide. Dans le secteur marchand, l’impact des subventions est encore plus limité: 58% des embauches auraient tout de même eu lieu. La Cour des comptes et la ministre du Travail jugent ainsi les emplois aidés "coûteux" et "inefficaces dans la lutte contre le chômage".

Le gouvernement d’Emmanuel Macron n’est pas le premier à réduire les contrats aidés. Depuis 1997, leur nombre ne cesse de diminuer, passant de 849.000 à 293.000.

Emeline Gaube