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"J'étais avec elle tous les jours": à l'Ehpad Rothschild de Paris, un mari et sa femme séparés depuis un mois

Jacques Klajnberg ne peut plus voir sa femme, avec qui il partage sa vie depuis 75 ans. Elle réside à l'Ehpad de la fondation Rothschild, où 39 pensionnaires sont morts depuis le début de l'épidémie.

Ils se voyaient "tous les jours" avant l'épidémie de coronavirus. Mais depuis un mois, Jacques Klajnberg et sa femme, pensionnaire de l'Ehpad de la fondation de Rothschild, dans le 12e arrondissement de Paris, sont séparés. Un déchirement pour Jacques, privé de visite et de contact avec celle qui partage sa vie depuis 75 ans.

"D'habitude, le matin j'étais avec elle, à midi j'étais avec elle, le soir j'étais avec elle", témoigne-t-il au micro de BFM Paris. "Tous les jours, tous les jours. Et là, d'un seul coup, il y a une rupture totale. Elle ne sait pas pourquoi je ne suis pas là..."

D'autant que la situation de cet Ehpad, où 117 résidents sur 500 sont ont été contaminés au covid-19 et 39 en sont morts, inquiète énormément Jacques. Le 24 janvier dernier, alors que la maison de retraite annonçait déjà 16 décès et 81 personnes positives, Jacques dit, très ému, avoir "reçu un coup de matraque".

Des nouvelles grâce aux aides-soignantes

Fort heureusement, le retraité a rapidement été rassuré sur l'état de santé de sa femme, qui ne fait pas partie des victimes. Lui et sa fille ont désormais des nouvelles de la pensionnaire régulièrement.

"À l'aide des aides-soignantes que j'arrive à contacter lorsqu'elles quittent le travail le soir, j'ai des nouvelles sur sa santé, son moral. C'est une amélioration considérable qui m'a énormément aidé moralement", assure Jacques.

"Ça nous a permis de palier un manque terrible de la fondation qui avait pas mis en place de quoi créer un contact avec les familles", confirme Francine, la fille du couple.

Toute la famille attend maintenant la fin du confinement pour pouvoir se retrouver. Avant cela, la femme de Jacques reste confinée à l'Ehpad de la fondation Rothschild, comme tous les autres résidents âgés, particulièrement vulnérables face au coronavirus.

Juliette Mitoyen