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"J'ai perdu beaucoup d'amis": l'émotion à Rouen après l'incendie

Treize personnes ont péri dans l'incendie d'un bar de Rouen dans la nuit de vendredi à samedi. Dès l'aube, des dizaines d'habitants, encore sous le choc, sont venus témoigner de leur émotion devant les lieux du drame.

Une fête qui a viré au drame. Un QG du vendredi soir devenu le tombeau d'au moins 13 personnes. A Rouen, le grave incendie survenu peu après minuit ce samedi est le plus meurtrier depuis 2005 en France. Dès le réveil, les habitants sont sous le choc. C'est sans doute encore plus le cas pour Julie, qui devait participer à l'anniversaire organisé "Au Cuba Libre". Mais pour des raisons familiales, la jeune femme s'est finalement rétractée.

"J'ai perdu beaucoup d'amis. Ils étaient comme des frères et sœurs pour moi", témoigne-t-elle au micro de BFMTV. "Ça va être dur à se remettre de tout ça sachant qu'on était tout le temps tous ensemble (…) C'était un lieu où l'on se réunissait", raconte la jeune femme.

Les bougies du gâteau d'anniversaire à l'origine de l'incendie

Selon le parquet, c'est une banale chute qui a provoqué le drame. "Quelqu'un est descendu avec un gâteau d'anniversaire avec des bougies et a chuté dans l'escalier", a détaillé à l'AFP le vice-procureur de Rouen, Laurent Labadie, dans l'après-midi de samedi.

Selon lui, "il y a eu projection des bougies sur les murs et sur le plafond" recouvert d'un isolant phonique. "Il y a eu une inflammation immédiate et propagation de gaz", a ajouté le vice-procureur, précisant qu'une enquête était ouverte pour "recherche des causes de la mort" mais pas pour "homicide involontaire".

Plusieurs jeunes, âgés entre 18 et 25 ans qui étaient venus fêter l'anniversaire d'une ancienne policière, figurent parmi les victimes. Selon d'autres témoins, le feu s'est propagé extrêmement vite: "D'un seul coup, tout a sauté (…) Ça s'est fait en trois secondes. Les chaises et la vitrine volaient."

"J'ai eu peur que ce soit un autre attentat"

Onze jours après l'attentat à Saint-Étienne du Rouvray, à tout juste dix kilomètres de là, le traumatisme est encore présent dans les esprits.

"J'ai eu peur que ce soit un autre attentat", a témoigné un cycliste de passage devant le bar auprès de l'AFP.

"Mais tout de suite, on m'a dit que c'était accidentel", raconte Rachid. "Néanmoins, je n'ai pas dormi de la nuit et je reviens ce matin pour avoir d'autres nouvelles", confie l'homme de 36 ans.

Comme lui, des dizaines de Rouennais se sont déplacés sur les lieux du drame dans la matinée pour déposer des fleurs ou se recueillir.

P. P. avec Marine Hay et Vivien Chareyre