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Un supermarché lillois vend sa viande... sous antivol

Le procédé serait utilisé dans d'autres magasins de la région.

Le procédé serait utilisé dans d'autres magasins de la région. - -

Ici, dans un magasin de l'enseigne Match de Lille, les emballages des entrecôtes, faux-filet et autres steaks hachés sont attachés à des antivols, pour éviter la fauche.

Entrecôtes, faux-filet et steaks hachés : ces morceaux sont placés sous haute surveillance, à Lille. Des antivols - comme ceux qu'on trouve sur des vêtements - ont, en effet, été attachés à des emballages de viande vendue sous vide dans un supermarché de la ville, de l'enseigne Match (groupe Delhaize).

Le procédé, révélé mardi par le quotidien 20 Minutes, était toujours en place dans les rayons mercredi, et concernait des emballages de viande rouge d'une marque de produits vendus sous vide.

La direction de l'enseigne, dont le siège social est à Lille, n'a pas souhaité réagir. Mais selon une source proche de l'enseigne, il s'agirait d'un problème d'étiquettes magnétiques utilisées d'habitude comme antivols et plus discrètes.

Mais, selon 20 Minutes, qui cite une source interne, le procédé est utilisé dans d'autres magasins de la région.

"Si on n'a plus d'aide, on ira voler"

"Il y a de plus en plus de monde qui vient chercher de l'aide alimentaire, ce qui veut dire que les besoins sont de plus en plus grands de ce point de vue", réagit le secrétaire général en charge de l'aide alimentaire du Secours Populaire Jean-Louis Callens, également responsable pour le Nord-Pas-de-Calais.

"Donc forcément, les magasins ont dû faire une analyse et s'apercevoir qu'il y avait de la fauche", ajoute-t-il. Jean-Louis Callens s'est rappelé avoir sondé les plus démunis il y a deux ans, lorsque le programme d'aide de l'Union européenne était menacé. "Certains ont dit : 'si on n'a plus d'aide alimentaire on ira voler dans les magasins'", rapporte le bénévole.

Selon les statistiques du Secours Populaire se basant sur les neuf premiers mois de l'année, l'affluence pour la distribution de nourriture en 2012 serait en hausse de plus de 13% dans le Nord-Pas-de-Calais, sans compter que les mois de novembre et décembre sont traditionnellement plus critiques.