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INFO RMC - Les chiffres de la discrimination au logement

Bordeaux

Bordeaux - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

S'il est devenu difficile, pour une majorité de Français, de trouver un logement, pour certaines personnes, c'est carrément mission impossible. Accent africain, mère célibataire ou personne handicapée sont autant de critère qui vous rende l'accès au logement plus que compliqué.

Les prix augmentent et les propriétaires sont de plus en plus exigeants quant aux garanties à fournir avant de choisir un locataire, c'est ce que révèle une enquête de l'association de consommateurs 60 millions de consommateurs et menée conjointement avec le Défenseur des droits.

Mais, pour certains, ni les garanties de salaire, ni les cautions ne suffisent. Eux, ce sont les "intouchables" du logement. Ils sont d'origine africaine, séniors, handicapés ou mère célibataire et trouver un toit est parfois pour eux un vrai parcours du combattant. "Demander des pièces et des garanties supplémentaires, c'est une infraction pénale. On peut attaquer les deux, propriétaire et agence immobilière", explique sur RMC Fabien Dechavanne, directeur département accès biens et services au défenseur des droits. Problème : "le refus est systématiquement déguisé", rappelle le spécialiste. (Voir la vidéo)

Des chiffres alarmants

33% de refus de visite pour une personne à l'accent africain avec souvent comme justification : "l'appartement est déjà loué" ou le classique "on vous rappellera!".

Les chiffres sont légèrement plus faibles avec les mères célibataires ou les handicapés sous curatelle. Le taux de refus se monte respectivement pour eux à 30 et 29%. Il baisse encore un peu, à 24%, pour les personnes âgées.

Enfin, une personne à l'accent africain doit apporter 3 à 4 fois plus de pièces justificatives que le "profil référent", entendre par-là une personne sans accent et au nom à consonance française.

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- L'association a repéré 150 annonces valides de location dans 8 grandes villes. Pour chaque annonce, 6 personnes à la situation professionnelle et aux revenus similaires ont candidatés successivement par téléphone. Deux personnes au "profil référent" (sans accent, nom franco-français), et quatre personnes au "profil atypique" (accent africain, personne âgée, personne handicapée (mais autonome) sous curatelle, mère célibataire).

- Quiconque commet une discrimination en refusant la fourniture d’un bien ou d’un service encourt jusqu’à 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende

La rédaction avec V. Joanin