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Île-de-France: la communauté asiatique inquiète après des appels à la violence à son encontre

Les messages de haine envers la communauté asiatique en Île-de-France se multiplient sur les réseaux sociaux.

Les messages de haine envers la communauté asiatique en Île-de-France se multiplient sur les réseaux sociaux. - Facebook - AJCF

Des messages haineux se sont multipliés sur les réseaux sociaux, depuis quelques jours, à l'encontre de la communauté asiatique en Île-de-France, certains l'accusant d'être à l'origine de la pandémie de coronavirus et des restrictions qui en découlent en France.

"Racisme anti-asiatique: alerte générale." Depuis plusieurs jours, sur les réseaux sociaux, la communauté asiatique est visée par des messages haineux, semblant pour certains faire le lien entre elle et la pandémie actuelle de coronavirus.

Un internaute, dont le compte a été suspendu sur Twitter, appelle notamment "à agresser chaque chinois (sic)" croisé dans les rues des départements d'Île-de-France. Une situation qu'a dénoncée, vendredi, l'Association des Jeunes Chinois de France (AJCF) sur Facebook.

"Les messages haineux et d'incitation à la violence se multiplient. De ce fait, le collectif Sécurité pour tous et l'AJCF lancent L'ALERTE GÉNÉRALE contre ce qui s'apparente à une incitation à la chasse aux Asiatiques de France. La vigilance de chacun pour tous! Si vous êtes asiatique, prenez les précautions maximales. Si vous n'êtes pas asiatique, veillez sur votre prochain", peut-on lire dans leur communiqué.

L'association incite les victimes et témoins de "comportements ou de propos répréhensibles" à porter plainte car "sans plainte, il n'y a officiellement aucun délit, crime ou même victime".

Le parquet de Paris a, par ailleurs, ouvert une enquête du "chef de provocation publique à commettre une atteinte à l'intégrité physique d'une personne à caractère raciste", rapporte Le Parisien. Les investigations ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) et le principal auteur des tweets "a été identifié" selon une source proche du dossier au quotidien.

Une haine pas seulement virtuelle

Sun-Lay Tan, porte-parole du collectif Sécurité pour tous, qui réunit 64 associations, a assuré au Parisien que cette "haine" envers les personnes asiatiques n'est pas que virtuelle et qu'elle "est montée crescendo et a explosé mercredi soir" au moment de l'annonce du confinement par Emmanuel Macron.

"Des villes comme Paris mais aussi Aubervilliers, Pantin, La Courneuve, Bobigny, Créteil, Vitry sont particulièrement visées. On nous crache dessus dans la rue. Des gens se sont pris des claques. Dans le métro, on change de siège pour ne pas être à côté de nous. Des messages haineux sont retweetés plus de 800 fois! On est en plein désarroi. On se sent seuls et abandonnés par les pouvoirs publics. Seuls quelques élus se sont mobilisés", a-t-il raconté au quotidien.

Sur Twitter, l'association SOS Racisme a rappelé qu'elle avait déjà dû agir contre "la logique de bouc émissaire antiasiatique", les personnes de la communauté asiatique ayant déjà été la cible d'appels à la violence début janvier, au début de l'épidémie.

Clément Boutin Journaliste BFMTV