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Hérault: la rupture d'un barrage naturel à l'origine de la crue mortelle

Photomontage des images d'intempéries envoyées par les témoins BFMTV.

Photomontage des images d'intempéries envoyées par les témoins BFMTV. - BFMTV

Comment expliquer la crue qui a fait quatre morts, dans la nuit de mercredi à jeudi, à Lamalou-les-Bains? Il s'agit en fait de la rupture d'un "embâcle", un barrage naturel. Explications.

Le drame de Lamalou-les-Bains (Hérault), où quatre personnes sont mortes emportées par la crue soudaine d'une rivière, s'explique par la formation d'un embâcle, un barrage naturel de végétaux et autres débris, qui, en cédant, provoque un violent phénomène de "chasse", expliquent des experts.

Selon la préfecture de l'Hérault, la crue mortelle qui a ravagé un camping a été provoquée par la rupture soudaine d'un tel embâcle.

"Quand ça lâche, ça fait une grosse vague"

A cette saison, les précipitations violentes sont assez classiques dans cette région soumise aux orages cévénols, faisant "grossir les cours d'eau très rapidement", indique à l'AFP Flora Branger, hydrologue à Irstea, un organisme de recherche spécialisé notamment sur les aménagements des rivières. 

Les rivières ainsi gonflées entraînent les branches d'arbres et autres débris végétaux, et cela peut contribuer, comme à Lamalou-les-Bains mercredi sur la petite rivière le Bitoulet, à la formation de "petits barrages à l'endroit où ça se rétrécit. Et quand ça lâche, ça fait une grosse vague".

La rupture soudaine de ces obstacles naturels crée un "phénomène de chasse" qui explique l'ampleur des dégâts, confirme Jean-Marc Dolmière, ingénieur au Shapi, l'organisme des prévisions des crues en France.

Un précédent dans la région de Draguignan

L'apparition de tels embâcles est favorisée à la sortie de l'été, période où le niveau bas des cours d'eau entraîne l'accumulation de débris sur les côtés, mais aussi au milieu de zones moins profondes, des endroits où repousse de la végétation et des arbres aquatiques, autant de déchets qui seront emportés à la première montée brusque de l'eau.

Le phénomène constaté dans l'Hérault peut s'apparenter à celui observé en juin 2010 lors des importantes inondations dans la région de Draguignan, qui avaient fait 23 morts.Une telle rupture d'embâcle, en amont de Draguignan, avait contribué à "aggraver" le bilan, sans toutefois être la seule explication aux inondations, selon Jean-Marc Dolmière.

Ce phénomène concerne principalement les petites rivières. "Sur les grands fleuves, c'est souvent moins catastrophique, car l'eau arrive toujours à passer : si ça bloque d'un côté, ça va passer de l'autre", selon cet expert. Prédire de tels phénomènes reste difficile, relève pour sa part Flora Branger. Il est encore délicat, estime-t-elle, de "savoir les quantités exactes de pluie qui vont tomber" et "encore plus difficile de dire où ça va arriver exactement, car ce sont des orages généralement très localisés" à cette saison, dans la région.

S. C. avec AFP