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Grève des pompiers: "Il y a une véritable frustration"

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- - BFM Paris

Les 40.000 pompiers professionnels entament à partir de ce mercredi et pendant tout l'été une grève afin de réclamer plus de moyens et dénoncer les tâches qui leur sont indues sans faire partie de leur coeur de métier.

Retrouver leur coeur de métier. Les neuf syndicats de pompiers professionnels appellent à une grève massive des 40.000 pompiers professionnels de France à partir de ce mercredi et jusqu'au 31 août. Cette mobilisation vise à dénoncer les conditions de travail des soldats du feu, soumis à toujours plus d'interventions trop souvent éloignées de leur mission initiale. L'objectif est de réclamer plus de moyens face "à un système qui est à bout".

Xavier Bois, président délégué de la Fédération autonome SPP-PATS, premier syndicat parmi les 40.000 pompiers professionnels, explique à BFMTV.com les enjeux de cette mobilisation et assure qu'un service continu mais réduit sera maintenu auprès de la population. Ce mercredi, une soixantaine de SDIS, les services départementaux d'incendie et de secours, observent le mouvement, selon le représentant, qui a rencontré ce matin les représentants de l'Etats et des départements.

BFMTV.com - Pourquoi appeler les 40.000 pompiers professionnels à ce mouvement de grève de 2 mois?

XAVIER BOIS - Les pompiers sont à bout de souffle. Ils doivent assurer de plus en plus de missions mais moins en moins de moyens. Le système est à bout de souffle. Nous réclamons plus d'effectifs, une meilleur reconnaissance de la dangerosité de notre profession, reconnaissance qui n'a pas évolué depuis les années 90. Chaque jour, les pompiers subissent des menaces, que ce soit verbales ou physiques, et très souvent ces menaces sont reçues lors d'interventions qui ne devraient pas être celles des pompiers. Il faut recentrer nos missions vers le coeur de métier des pompiers.

C'est-à-dire?

Les pompiers ne sont pas là pour transporter des gens, gérer des personnes avec des problèmes psychiatriques, intervenir en milieu carcéral ou dégager les voies. Pour ce qui est du transport des malades, c'est un service qui est assuré par les ambulances privées. Mais le nombre d'agréments dans les départements est insuffisant, les transports qui ne peuvent être assurés par les ambulances privées le sont par les pompiers. Il y a une perte de sens de notre métier. Aujourd'hui, il y a une intervention toutes les 6 secondes, il y a 5 ans c'était toutes les 8 secondes. Au total, cela fait 1 million d'intervention en plus. Les pompiers sont là pour sauver des vies, prendre en charge les victimes.

Comment les pompiers vivent cela au quotidien?

Il y a une véritable frustration à cause de ce mauvais emploi des pompiers, de ce non-sens donné au métier. Par exemple, les associations comme la Croix-Rouge peuvent mesurer la glycémie capillaire, c'est-à-dire pour les personnes diabétiques en prélevant une goutte de sang, mais pas les pompiers. Il y a un décalage entre ce que l'on vend et la réalité du terrain.

Ce mouvement de grève va-t-il entraîner une baisse des interventions?

Non, il ne va pas y avoir beaucoup de changements pour les citoyens. Les pompiers sont réquisitionnés et ont un devoir de service minimum. Il n'y aura donc pas de dégradation du service opérationnel. Les pompiers grévistes portent simplement des brassards et il y a des auto-collants sur les véhicules. Nous attendons de voir l'actualité et l'avancement des discussions avant de décider d'autres opérations.

Justine Chevalier