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En augmentation, les "guerres de bandes" mettent les jeunes en première ligne en Ile-de-France

La dernière victime en date de ces rixes entre bandes rivales est morte le 30 janvier dernier, dans le 11e arrondissement de Paris.

Un l'espace de seulement un an, de 2018 à 2019, les affrontements entre bandes rivales ont augmenté de 22% en Ile-de-France, notamment dans le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis, où ces rixes, souvent diffusées sur les réseaux sociaux, sont les plus fréquentes.

Cette hausse est d'autant plus inquiétante que ces bagarres impliquent des protagonistes de plus en plus jeunes. En 2019, sur 887 personnes placées en garde à vue à la suite d'affrontements et de regroupements violents, 66% d'entre elles étaient en effet mineures. 

Les établissements scolaires, principal cadre de ces "guerres de bandes"

À noter que ces rixes se déroulent par ailleurs de plus en plus régulièrement aux abords d'établissements scolaires. Près des lycées mais aussi des collèges, ces bagarres violentes entre bandes "en guerre" les unes contre les autres ont ainsi progressé de 45% en un an.

Un phénomène qui pousse les chefs d'établissements à s'organiser pour protéger leurs jeunes élèves. À Sevran, en Seine-Saint-Denis, des proviseurs ont ainsi créé une boucle Whatsapp pour se prévenir en cas de possible bagarre. Mais cela n'est pas suffisant et ils sont nombreux à en appeler à la région, au département et même à l'État pour endiguer cette montée de la violence.

Des rixes sans mobile particulier

Autre fait inquiétant: les affrontements violents qui augmentent en Ile-de-France se déclenchent la plupart du temps sans raison, ont pu remarquer des journalistes de BFMTV au cours de leur enquête.

"Les petits, ils ne savent pas pourquoi (ils se battent, NDLR), vu que les grands nous ont mis ça dans notre tête", témoigne un collégien de Sevran. "Il y a des gens, ils se battent, ils ne savent pas pourquoi."

Et bien souvent, "l'explication" de ces rixes est tristement simple. "Parce qu'on est en guerre", a ainsi déclaré un autre jeune garçon au micro de BFMTV.

La dernière victime en date de ces rixes entre bandes rivales s'appelle Wally. Le 30 janvier dernier, l'adolescent de 14 ans a été mortellement touché d'un coût de couteau lors d'une bagarre générale dans le 11e arrondissement de Paris. Depuis 2016, ces affrontements ont fait neuf morts.

Juliette Mitoyen