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Rentrée : les profs retrouvent le chemin de l’école

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Avant la rentrée des élèves mardi, ce sont les enseignants qui font leur retour à l'école ce lundi. Parfois aussi stressés que leurs élèves, ils racontent sur RMC leurs craintes et leurs attentes.

Ils accueilleront plus de 12 millions d’élèves mardi, mais c’est ce lundi que les professeurs, eux, font leur rentrée. Pour la sixième année consécutive, c'est une rentrée à effectif réduit : 13 000 postes ont été supprimés, dont 4 700 dans le primaire. C'est moins, toutefois, que ce qu'avait programmé l'ancien gouvernement puisque le nouvel exécutif a réinjecté 1 000 postes d'instituteurs. Une mesure « d'urgence » en attendant les 6 000 emplois d'avenir annoncés pour le mois de janvier dans l'Education nationale et les 60 000 recrutements promis par François Hollande d'ici la fin de son quinquennat.

« On a l’impression d’être tout seul »

Lucie, 28 ans, vient de passer six ans dans une école de Seine-Saint-Denis en ZEP (Zone d’éducation prioritaire) et a été affectée dans une école du 20e arrondissement de Paris. Elle ne cache pas son soulagement : « c’était très difficile. J’ai trouvé ça dur de me trouver face à des élèves violents, car je n’étais pas préparée. On n’est pas très bien formé pour affronter ce genre de situation. Etre face à des élèves en difficulté, ça ne me dérange pas, je me sens certainement plus utile et j’ai l’impression d’être là pour les aider, mais ce sont les situations de violence qui sont les plus dures. On a l’impression d’être tout seul ».

« On consulte les programmes sur Internet »

Mardi, Lucie accueillera ses nouveaux élèves qu’elle espère moins agités, des CE1. Et si la situation lui paraît plus simple à gérer, tout n’est pas si facile pour autant. Car une rentrée, ça se prépare. « On va sur Internet consulter les programmes, et je suis allée récupérer du matériel pédagogique chez une amie qui avait déjà fait le niveau de classe que je vais avoir : des évaluations qu’elle avait faites, du matériel d’affichage, l’alphabet... pour pouvoir s’appuyer dessus. Tout un tas de petits trucs qui font beaucoup à gérer ».

Un premier poste… en Seine-Saint-Denis

Anaïs, elle, affrontera mardi sa première classe de CM1 en Seine-Saint-Denis. A 25 ans, elle vient de décrocher son premier poste de titulaire et veut arriver « neutre », sans quoi elle avoue qu’elle aurait déjà stressé : « Ne pas me dire "département 93 = élèves difficiles" ». Son emploi du temps est donc déjà tout tracé. « Les premières semaines, je vais leur apprendre l’autorité et le respect, on va apprendre à se connaître. Ma priorité, c’est qu’ils se sentent bien, qu’ils aient leur place dans leur classe, dans leur vie, dans leur pays ».

La rédaction avec Amélie Rosique