BFMTV

Précarité: le gouvernement relance le plan "petit-déjeuner gratuit à l'école"

Exercice d'écriture pour un écolier dans une école primaire de Dortmund, le 22 février 2021 en Allemagne

Exercice d'écriture pour un écolier dans une école primaire de Dortmund, le 22 février 2021 en Allemagne - Ina FASSBENDER © 2019 AFP

Plusieurs ministres, dont Olivier Véran et Jean-Michel Blanquer, seront dans une école du Val-d'Oise ce mardi afin de relancer le dispositif "petit-déjeuner gratuit à l'école".

Olivier Veran, Jean-Michel Blanquer, Adrien Taquet et la secrétaire d’État chargée de l’Éducation prioritaire Nathalie Elimas se rendront ce mardi matin dans une école de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise) afin d'annoncer un redéploiement massif du plan 'petit-déjeuner gratuit à l'école'.

Au sein de cet établissement scolaire, les ministres doivent annoncer une augmentation du financement de cette opération par le ministère de la Santé à partir de ce mardi. Désormais, chaque petit-déjeuner donnera lieu à un financement de 1,30 euros par enfant au lieu de 1 euro en métropole.

150.000 enfants en avaient bénéficié en 2020

En cette période de Covid-19, le gouvernement souhaite passer à la vitesse supérieure notamment face aux inégalités scolaires, et aux phénomènes de pauvreté qui s’amplifient entre les élèves. L'idée est d'essayer de doubler le nombre de bénéficiaires de ces petits déjeuners, et de convaincre les communes de faire cet effort.

Au printemps 2019, le gouvernement avait déjà lancé un plan 'petit-déjeuner gratuits à l'école' de 12 millions d’euros. L’objectif était d’enseigner aux enfants et aux parents la nécessité de manger mais aussi de bien manger, de manière équilibrée, pour bien apprendre. 150.000 enfants des quartiers de la politique de la ville et des territoires ruraux fragiles de huit académies en avaient bénéficié au printemps 2020.

Mais la pandémie a donné un coup de frein au dispositif. À la rentrée de septembre, ils n'étaient plus que 60.000 enfants à en bénéficier, et les communes se plaignaient d’un coût réel supérieur au financement de l'État.

Un dispositif visant à être élargi

Le gouvernement souhaite désormais montrer que la plainte des communes a été entendue, et veut non seulement relancer l'opération mais aussi l'élargir à toutes les classes de primaire, dans toutes les communes qui estiment en avoir besoin.

Cette opération, jusqu'alors organisée au moins une fois par semaine dans le but d’apprendre aux enfants à manger équilibré le matin, pourrait désormais avoir lieu tous les jours là où la situation sociale s’est la plus dégradée, ou bien dans les zones rurales où les enfants se lèvent très tôt, et ont peu d’appétit au réveil.

D'après le Plan national nutrition-santé (PNNS), le petit-déjeuner est un repas à part entière et doit représenter entre 20 et 25% des apports énergétiques sur l'ensemble d'une journée.

En moyenne, 3,4 élèves par classe, du CP au CM2, arrivent en classe le ventre vide. Les raisons invoquées sont, dans l'ordre, le manque d'appétit, le manque de temps, le lever précoce, le stress, l'absence des parents le matin et les raisons économiques. Ainsi  13% des enfants scolarisés en Rep et Rep+ arrivent à l'école le ventre vide. Une situation qui nuit aux capacité de concentration et d’apprentissage.

Véronique Fèvre et Jeanne Bulant