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Les syndicats étudiants en guerre contre la rigueur

Les syndicats étudiants s'alarment du coût de la rentrée en France et sonnent la mobilisation contre les mesures fiscales envisagées par le gouvernement, à la recherche d'économies budgétaires. En intégrant les frais d'inscription, l'affiliation à la sécu

Les syndicats étudiants s'alarment du coût de la rentrée en France et sonnent la mobilisation contre les mesures fiscales envisagées par le gouvernement, à la recherche d'économies budgétaires. En intégrant les frais d'inscription, l'affiliation à la sécu - -

PARIS (Reuters) - Les syndicats étudiants s'alarment du coût de la rentrée en France et sonnent la mobilisation contre les mesures fiscales...

PARIS (Reuters) - Les syndicats étudiants s'alarment du coût de la rentrée en France et sonnent la mobilisation contre les mesures fiscales envisagées par le gouvernement, à la recherche d'économies budgétaires.

Coup sur coup, les deux principales organisations étudiantes, l'Unef et la Fage, ont publié cette semaine leur évaluation du coût de la rentrée scolaire.

En intégrant les frais d'inscription, l'affiliation à la sécurité sociale, l'alimentation, l'équipement et le loyer, l'Unef arrive à une hausse de 3,3% par rapport à la rentrée 2009. L'estimation de la Fage est de 2,5%.

Le ministère de l'Enseignement supérieur conteste ces calculs, assurant que la hausse est limitée à 1,6% cette année, soit l'équivalent de l'inflation.

Pourtant, s'étonne la présidente de la Fage, Claire Guichet, toutes les hausses décidées par le ministère, comme les frais d'inscription ou le prix d'un ticket de restaurant universitaire, "sont au-dessus de l'inflation".

"Ce qui assure la stabilité des coûts dans le tableau du ministère, c'est le marché privé", les prix de l'alimentation en grandes surfaces, des télécoms ou de l'équipement informatique, déclare-t-elle à Reuters. "C'est au mieux de la mauvaise foi, au pire du mépris vis-à-vis des étudiants".

Le prix du logement, qui représente de 40 à 50% du budget étudiant, reste le principal point noir. Les syndicats déplorent les retards pris dans la construction de chambres dans les cités universitaires.

Le plan du député UMP Jean-Paul Anciaux en 2004 prévoyait 5.000 nouvelles chambres par an pendant 10 ans ainsi que la réhabilitation de 70.000 logements.

Les syndicats étudiants réclament également le versement rapide du 10e mois de bourse pour les étudiants boursiers, promise par le gouvernement mais qui tarde à se concrétiser.

"Certains aujourd'hui entament leur année sans savoir leur budget à trois mois", déplore Claire Guichet.

MOBILISATION SUR LE LOGEMENT

Dans ce contexte, l'interdiction de cumuler l'aide au logement (APL) et une demi-part fiscale dans l'imposition des parents, annoncée par Nicolas Sarkozy en juillet, fédère les mécontentements jusque dans les rangs de la majorité.

"Faire 400 millions d'euros d'économies sur le dos des étudiants et de leurs familles, ça provoque un malaise même à droite", explique Jean-Baptiste Prévost, qui préside l'Unef.

Pour les familles, l'Unef a calculé que cela représentait une perte de 40 à 180 euros par mois.

Selon le quotidien Les Echos, qui ne cite pas de source, le gouvernement, en pleine préparation du budget 2011, réfléchit à la possibilité de moduler ce non-cumul, qui ne concernerait que les foyers fiscaux les plus aisés.

Le projet de loi de Finances doit être présenté en conseil des ministres fin septembre. D'ici là, l'Unef et la Fage, le deuxième syndicat étudiant, promettent un "intense lobbying" contre cette mesure fiscale.

"Les commentaires sont positifs, à droite comme à gauche", dit la présidente de la Fage pour qui "tout concourt aujourd'hui à la paupérisation des étudiants".

"A terme, avec une mesure comme celle-là, on ne pourra plus choisir les études de son choix: on prendra une formation pas loin de chez soi", dit Claire Guichet.

Jean-Baptiste Prévost note de son côté que la politique du gouvernement a "radicalement changé" en un an.

En septembre 2009, Nicolas Sarkozy nommait Martin Hirsch au poste de Haut commissaire chargé de la jeunesse avec l'idée, entre autres, de réfléchir à la création d'une allocation autonomie, promesse de campagne présidentielle.

"Un an après, on est dans une politique où les étudiants sont les principales cibles de la rigueur", dit le président de l'Unef.

Laure Bretton, édité par Yves Clarisse