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Les étudiants en santé devront réaliser un service sanitaire dans les écoles

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Photo d'illustration - Fred Tanneau - AFP

Obligatoire, il s'intégrera dans le cursus des étudiants en santé. Objectif: mener des missions de prévention dans les écoles, les maisons de retraite voire les entreprises.

Dès septembre prochain, les étudiants en santé devront mettre la main à la pâte en réalisant un service sanitaire: des missions de prévention dans les écoles, les entreprises ou les maisons de retraite, pour une durée de trois mois. Une annonce faite ce lundi par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, avec la secrétaire d'Etat à l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal. Les deux ministres ont rappelé qu'il s'agissait là d'une promesse de campagne d'Emmanuel Macron.

Animer des ateliers pour apprendre aux enfants les bienfaits d'une bonne alimentation et de l'activité physique, prévenir les addictions (alcool, tabac, etc.) chez les ados ou les informer sur la vie sexuelle et les moyens de contraception... Cinq thèmes "prioritaires" mais non "exclusifs" d'intervention ont été retenus, selon Agnès Buzyn. Pour préciser les modalités du service, les ministres se sont appuyées sur le rapport du professeur de médecine Loïc Vaillant, remis ce lundi.

Un service en trois temps

Des missions de prévention seront dans un premier temps intégrées aux cursus des étudiants en médecine, maïeutique, pharmacie, soins dentaires et infirmiers, et kinésithérapie, soit 47.000 personnes par an. Avant d'être généralisées, en 2019, à toutes les formations en santé (ergothérapie, orthophonie, etc.), portant le total des troupes à 50.000 étudiants par an.

"Obligatoire pour l'obtention du diplôme", le service sanitaire sera étalé sur trois mois, de manière continue ou non, et sans rallonger la durée des études. Selon Le Monde, il devrait se dérouler en deuxième ou troisième année pour les infirmiers, en quatrième ou cinquième année pour les pharmaciens, et en troisième année pour les étudiants en médecine. Il se déroulera en trois temps: une période de formation des étudiants, une période de mise en situation, puis un temps de restitution de l'expérience au sein de l'université.

Un calendrier "trop rapide"?

Chez les étudiants en médecine, on salue la mesure. Le service ne sera certes pas rémunéré, mais l'indemnité transport sera prise en charge si le lieu du stage est éloigné. "On est rassurés aussi sur le fait que cela se déroule en premier cycle de médecine, parce qu'il n'était pas question de substituer cela à un stage hospitalier", qui intervient plus tard dans la formation, explique Yanis Merad, de l'Association des étudiants en médecine de France.

Mais des craintes subsistent, notamment sur la question du calendrier, jugé "très rapide". "Le risque, c'est de dégoûter les étudiants de faire de la prévention: il ne faut surtout pas bâcler cette mesure", souligne-t-il. L'étudiant rappelle cependant que ce service "s'appuie sur des expériences déjà existantes" à titre expérimental à l'université d'Angers, mais aussi à Dunkerque, Nantes et Marseille.

Ariane Kujawski