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Le blocage des examens sème la discorde parmi les étudiants

Des étudiants devant les grilles de la Maison des examens d'Arcueil, dans le Val-de-Marne, le 11 mai 2018.

Des étudiants devant les grilles de la Maison des examens d'Arcueil, dans le Val-de-Marne, le 11 mai 2018. - Capture BFMTV

Plusieurs étudiants ont exprimé leurs inquiétudes après l'annulation des partiels à la Maison des examens d'Arcueil, même si certains d'entre eux assurent soutenir les revendications des grévistes.

Les partiels de l'université de Nanterre, délocalisés ces vendredi et samedi à la Maison des examens d'Arcueil (Val-de-Marne), ont finalement été annulés à cause du blocage du site par des étudiants grévistes et leurs soutiens, notamment parmi les cheminots et postiers.

Si la présidence de l'université a assuré que les épreuves seraient maintenues, possiblement sous une autre forme, la situation inquiète certains des étudiants venus passer leurs partiels ce vendredi matin à Arcueil.

"J'ai toujours été contre le blocage. Je suis contre la loi et contre le blocage, mais maintenant je pense qu'il y a trop de récupération", a regretté Nadège, étudiante en 3e année, au micro de BFMTV. "Il y a des étudiants qui n'ont pas révisé qui empêchent les autres de passer les examens", a-t-elle estimé.

"On est dans l'incertitude totale"

"Bien sûr que je suis inquiète", a confié la jeune femme. "Actuellement notre avenir est en suspens, on ne sait pas exactement si on aura partiels et jusqu'à quand le calendrier universitaire s'étendra. Il y a des étudiants qui doivent partir en vacances, qui ont un travail à côté, qui ont d'autres responsabilités et d'autres obligations et actuellement on n'a pas de réponse. On est dans l'incertitude totale", a-t-elle regretté.

"Son avenir n'est absolument pas en suspens", a répondu sur BFMTV Florian Mazet, responsable du syndicat étudiant Unef à Nanterre. "Elle est en licence, on rappelle qu'en licence il y a six semestres, elle a eu le temps en tout cas d'être bien évaluée, les professeurs ont pu se donner une idée de son niveau", a-t-il d'abord avancé, avant d'assurer qu'elle allait "pouvoir être évaluée".

"Pas sous forme de partiels effectivement, mais avec des travaux dématérialisés, des DM à la maison, donc elle aura son année et son diplôme est garanti", a-t-il assuré. 

"Ça nous révolte. Je comprends leur manifestation, leurs revendications, mais bloquer la Maison des examens, des étudiants... On est ballotés de tous côtés, on s'est fait gazés", s'est emportée de son côté Sabrina, étudiante en première année de droit, auprès de l'AFP.

"C'est du foutage de gueule, je suis dégoûtée", a également déploré Andrea, étudiante en 2e année. "J'aimerais bien réserver mes vacances, trouver un boulot mais c'est pas possible car on n'a pas les dates. Dans les autres filières il y a eu des aménagements, pour nous rien", a critiqué la jeune femme. 

"Il faut se dire qu'on combat quelque chose"

"Nous avons tous un planning. Personnellement j'ai un stage, j'ai un travail qui m'attend. Derrière on peut comprendre ces inquiétudes, mais il faut aussi se dire qu'on combat quelque chose, qu'on est dans une lutte pour l'abrogation d'une loi, qui aujourd'hui est socialement très coûteuse, qui va empêcher d'aller des gens à l'université", a fait valoir Florian Mazet sur notre antenne.

"Et si aujourd'hui on peut faire ce sacrifice d'un semestre pour permettre à des gens d'aller à l'université, il me semble que ce sacrifice est peut-être faisable pour ces gens-là", a-t-il estimé.

"La grande majorité des étudiants sont opposés à la méthode du blocage", a assuré de son côté Jimmy Losfeld, président de la Fage, l'organisation étudiante représentative majoritaire au sein des universités.

"C'est quand même terrible de voir qu'aujourd'hui, on en est réduits à ce qu'une minorité de blocages (...) bloquent l'accès aux examens d'une majorité d'étudiants qui eux aspirent à étudier, à réussir leur année", a-t-il critiqué, tout en appelant "au gouvernement et aux présidents d'université de tout mettre en oeuvre pour que les examens aient lieu".

"Je pense que c'est particulièrement compliqué, que la seule réponse (du gouvernement) soit les forces de l'ordre, et en aucun cas une réponse politique sur les revendications des étudiants", a réagi Lilâ Le Bas, présidente de l'UNEF, sur notre antenne. 

L.A.