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"La philosophie a pour mission de réfléchir à partir de la vie"

338.186 candidats ont planché sur la philosophie lundi 17 juin.

338.186 candidats ont planché sur la philosophie lundi 17 juin. - -

Alors que plus de 300.000 lycéens ont planché lundi matin sur l'épreuve de philo, Robin Galhac, professeur de philosophie a répondu aux questions de BFMTV.

"Peut-on agir moralement sans s'intéresser la politique?", tel était l'un des sujets de philosophie sur lequel les lycéens de série S ont dû plancher ce lundi matin. Alors que l'épreuve tant redoutée s'est achevée, Robin Galhac, professeur de philosophie à l'Institut de philosophie comparée, revient pour BFMTV sur ce sujet et sur les autres thèmes de l'épreuve.

Quel est le plus gros risque pour un candidat?

Le risque pour le candidat qui lit pour la première fois son sujet, c'est de partir sur la première idée qui lui vient en tête. Pour éviter ce risque, on demande aux étudiants de bien analyser les termes, de bien lire la question, de rejoindre ce qui est dit pour pouvoir avoir une réflexion qui part avec une certaine objectivité.

Les sujets de philo sont-ils toujours liés à l'actualité?

C'est souvent le cas. On essaie que ce ne soit pas un lien trop direct, pour permettre le recul de la réflexion, le recul par rapport à l'aspect passionnel que peut susciter l'actualité. Mais néanmoins, la philosophie a aussi cette mission de réfléchir à partir de la vie. L'actualité la manifeste, cette vie, à travers des problèmes sociétaux, politiques. Il y a un lien qui demeure.

"Que devons-nous à l'Etat"? Quels étaient les pièges à éviter?

La première difficulté, c'est qu'on ne peut pas répondre facilement à la question par oui ou par non, la forme ne le permet pas. derrière cela, il y a la question de l'Etat providence, qui nous devrait à chacun d'entre nous, plein de choses, de la santé, des biens, de l'éducation. En retour, dans mon individualité, ai-je aussi des devoirs par rapport à l'Etat? La réflexion était là. De sortir d'une vision individualiste, où au fond toute chose nous est due et nous-mêmes nous n'avons rien à devoir à personne.

Quelle est la différence entre une bonne et une mauvais copie?

L'exigence que l'on demande, ce n'est pas de ressortir la doctrine du prof que l'on a eu, c'est d'essayer de faire en sorte que l'élève puisse avoir une réflexion, un cheminement, à partir d'une question qui pose problème, qui ne va pas de soi. Souvent ce sont des questions qui prennent la forme interrogative, où un "oui" ou un " non" est attendu. La tentation est de dire "oui bien sûr" ou "non bien sûr".

La prise de décision par rapport à une opinion est demandé. Il faut qu'elle soit justifiée et argumentée. On ne demande pas à l'élève d'avoir telle ou telle thèse, mais de pouvoir rendre compte de telle ou telle thèse. Que le professeur adhère ou pas, ce n'est pas là dessus qu'il va noter l'étudiant. L'élève est noté en fonction d'une pensée qui s'organise de manière rationnelle.


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M.R. et propos recueillis par Ronald Guintrange et Karine de Ménonville