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Islamisme: un ancien principal de collège tire la sonnette d'alarme

Entrée du collège Rosa Parks, à Marseille, en décembre 2014

Entrée du collège Rosa Parks, à Marseille, en décembre 2014 - BERTRAND LANGLOIS / AFP

Dans son ouvrage Principal de collège ou imam de la République, Bernard Ravet dénonce l'emprise de l'islamisme dans plusieurs collèges de Marseille dont il a été principal. Des propos jugés "globalisants" et "contre-productifs" par le syndicat majoritaire des chefs d'établissements.

"Imam de la République": c'est ainsi que Bernard Ravet, 64 ans, principal de trois collèges situés dans des quartiers très défavorisés de Marseille entre 1999 et 2012, se rebaptise dans son livre, Principal de collège ou imam de la République, dans lequel il dénonce la "loi du silence" qu'il dit avoir affrontée face à "l'emprise" de l'islamisme.

L'ancien chef d'établissement relate ses années passées à "maintenir les valeurs de la République contre vents et marées", face aux difficultés sociales, à la violence et au trafic de drogue, ainsi qu'aux tentatives d'entrisme de l'islam, parfois radical.

"Il y a urgence", clame l'auteur, qui déplore l'abandon dont seraient victimes les personnels des collèges de la part de l'Éducation nationale "face à la montée de l'emprise du religieux".

Bernard Ravet en égrène quelques exemples: la découverte qu'un surveillant se livre au prosélytisme, la lutte autour de "la grille", que de plus en plus d'élèves tentent de franchir voilées, ou l'antisémitisme qui le contraint, préventivement, à orienter un élève juif venu d'Israël vers un collège confessionnel.

"Depuis plus de dix ans, le fanatisme frappe à la porte de dizaines d'établissements. Il cherche à empiéter sur le territoire physique de la République, centimètre par centimètre, en imposant ses signes et ses normes", résume-t-il. "Il faut en finir avec la loi du silence" plaide l'ancien principal qui affirme s'être "longtemps tu par respect du devoir de réserve". 

Un constat jugé alarmiste et dépassé

Son cri d'alarme ne passe pas au SNPDEN, le syndicat ultra-majoritaire des chefs d'établissements, qui dénonce une approche "globalisante" et "contreproductive": le livre "pourrait laisser penser qu'il dit tout haut ce que la majorité d'entre nous ne pourraient exprimer. Or ce n'est pas le cas".

"Le bouquin donne un côté à la fois systématique et dramatique à la question en faisant comme si rien n'était fait", regrette de son côté Frédérique Rolet, secrétaire générale du Snes-FSU, le premier syndicat des enseignants du second degré. "Il ne s'agit pas de nier qu'il y a un certain nombre de problèmes", mais les chefs d'établissement "ne restent pas passifs".

L'académie d'Aix-Marseille recense quelques "difficultés de fonctionnement" de certains établissements autour du ramadan ou des "objections" essuyés par des profs de sciences lors de leurs cours, et "ne nie pas ces défis", mais "ce n'est pas massif", pointe de son côté le recteur, Bernard Beignier.

"Le grave défaut de ce livre, c'est un problème de concordance des temps. On ne peut pas dire que ça se passe pareil en 2017" qu'avant les attentats de janvier 2015, qui ont été "un électrochoc" : "l'attention de tous est aujourd'hui portée vers le risque de radicalisation", assure-t-il.

"Ne pas dire, c'est une forme d'auto-censure", affirme de son côté l'auteur du livre, interrogé par l'AFP. Déçu par les critiques de ses ex-collègues, il affirme avoir reçu des témoignages d'enseignants qui vivent des situations comparables.

Me.R. avec AFP