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Harcèlement à l'école: comment la Belgique tente de lutter contre le phénomène

Un élève sur dix est encore victime de harcèlement scolaire

Un élève sur dix est encore victime de harcèlement scolaire - Martin Bureau - AFP

Dans des centaines d'écoles en Belgique, une méthode développée par le psychopédagogue Bruno Humbeeck a permis de faire diminuer la violence entre élèves.

En juin dernier, une fillette de 11 ans s'est donné la mort dans le Val-d'Oise. La raison? Elle était victime de harcèlement scolaire de la part de ses camarades de classe. Un fléau qui touche encore un élève sur dix et qu'il est difficile d'éradiquer, tant les enseignants manquent d'outils pour prévenir la violence entre élèves.

En cette journée nationale de lutte contre le harcèlement à l'école, des solutions viendraient peut-être de nos voisins belges, où une technique élaborée par le psychopédagogue Bruno Humbeeck est expérimentée dans plusieurs centaines d'établissements et commence à faire ses preuves.

Une cours de récréation segmentée

À l'école Saint-Jean-Baptiste de Wavre, à une trentaine de kilomètres de Bruxelles, la cour de récréation a par exemple été séparée en trois. On y trouve un coin pour jouer au ballon, une aire pour les autres jeux - plus calmes - ainsi qu'un espace calme. Le but: respecter ces barrières pour limiter les disputes et la violences entre écoliers.

"Ils se bousculent, ils se provoquent. Et ça créé des conflits, quoi qu'il arrive. Ce qui est plus grave, c'est que ces conflits perdurent en classe et créent des problèmes de harcèlement", explique Alain Antoine, directeur de l'école, vantant les mérite de la nouvelle méthode mise en place.

De nombreux jeux, assez variés, ont par ailleurs été installés dans la cours et ont permis de diminuer drastiquement le nombre de violences et d'accidents, assure le directeur.

Des temps de paroles pour les élèves

Une fois la récréation finie, la lutte contre le harcèlement scolaire continue dans la salle de classe, où la méthode de Bruno Humbeeck préconise de "mettre en place des espaces de paroles réguliers, pour libérer la parole, mais surtout la protéger, en partant du principe qu’une émotion n’est pas contestable", comme il l'explique au Figaro. Les relations de groupe sont ainsi pacifiées, et l'empathie entre les élèves est renforcée.

"Quand je suis en colère, ça fait du bien de le dire. Et puis maintenant, à chaque fois que je m'exprime, tout le monde le sait et ils me lassent un peu tranquille", raconte un écolier.

"On peut voir, effectivement, la plupart des situations se dénouer et les rapports de pouvoir changer complètement avec des adultes qui maîtrisent le climat de leur classe", assure Bruno Humbeeck au micro de BFMTV. Pour l'instant, plus de 500 écoles belges ont déjà expérimenté ses techniques, développées dans son livre Pour en finir avec le harcèlement.

Véronique Fèvre et Alexia Ferre, avec Juliette Mitoyen