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Covid-19 dans les écoles: un collectif d'enseignants porte plainte contre Jean-Michel Blanquer

Jean-Michel Blanquer le 8 décembre 2020 à l'Assemblée nationale

Jean-Michel Blanquer le 8 décembre 2020 à l'Assemblée nationale - Thomas SAMSON © 2019 AFP

Une plainte du collectif des "Stylos rouges", signée par 55 de ses membres, a été déposée pour "mise en danger de la vie d'autrui" contre le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer.

Le collectif des "Stylos rouges" a déposé plainte pour "mise en danger de la vie d'autrui" contre le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, accusé de "ne pas protéger les personnels en contact avec les enfants" qui "répandent le virus" du Covid-19, a-t-il annoncé ce mardi.

La plainte, signée par 55 membres du collectif des "Stylos rouges", a été reçue lundi par la Cour de justice de la République (CJR), seule habilitée à enquêter sur un ministre dans l'exercice de ses fonctions, selon une source judiciaire.

"On est face à un ministre qui est dans le déni total de la réalité: il nous a dit qu'on n'était plus en danger à la maison qu'à l'école, qu'il n'y avait pas de cas dans les écoles, qui a minoré les chiffres... Alors que les établissements scolaires explosent", a précisé Nicolas Glière, porte-parole du collectif qui revendique 74.200 membres, enseignants et personnels de l'éducation.

"Les enfants répandent le virus et les écoles sont des clusters, c'est acté. On aurait voulu que les écoles ne ferment pas, mais maintenant on n'a pas le choix", a-t-il ajouté.

"On n'a pas été entendu"

Nicolas Glière reproche à Jean-Michel Blanquer de "ne pas protéger les personnels qui sont en contact en permanence avec les enfants" et de ne pas avoir écouté les alertes des enseignants sur les contaminations dans les établissements scolaires.

"On n'a pas été entendu, on est mis en danger, des gens sont tombés gravement malades, rien n'a été fait: la plainte est une nécessité", a ce professeur de français dans un collège parisien.

Le collectif des "Stylos rouges", créé en décembre 2018, "exige la fermeture des établissements scolaires dans les zones les plus touchées et le passage en demi groupes ailleurs pour protéger personnels d'éducation et familles".

"La fermeture des classes pour quelques semaines ne tue personne, au contraire (des) mensonges (du ministre)", dénonce le collectif dans un message, regrettant les mesures "molles" du gouvernement.

Depuis lundi, un seul cas de Covid dans une classe dans les écoles, collèges et lycées entraîne sa fermeture, contre trois cas auparavant, a décidé l'exécutif pour enrayer la progression du Covid-19.

C.Bo. avec AFP