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CARTE – Les classes de primaire menacées de fermeture en région parisienne

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Plus de 420 classes devraient fermer en septembre prochain à Paris et dans la petite couronne. En maternelle, ces suppressions sont loin d’être compensées par les ouvertures de classes. En effet, les postes libérés sont vampirisés par le dédoublement des classes de CP voulu par Emmanuel Macron en zone prioritaire.

L’objectif "100 % de réussite" dans les classes de CP est un véritable casse-tête pour les rectorats. Mesure phare du programme éducatif d’Emmanuel Macron, il prévoit le dédoublement de toutes les classes de CP en zone prioritaire, pour arriver à des petites classes de douze élèves. Or, dans la plupart des territoires, les dotations en poste pour l’année scolaire 2018-2019 s’avèrent insuffisantes pour créer autant de nouvelles classes. Sur l’ensemble du territoire, l’exécutif a débloqué 3881 postes pour doubler 5600 classes. Résultat, malgré une première application du dispositif en septembre dernier, les inspecteurs d’académie doivent de nouveau trancher entre les écoles.

Les classes de maternelles sacrifiées

Dans Paris et sa banlieue, 423 fermetures définitives de classes sont programmées. Et ces suppressions concernent surtout les maternelles. Dans le Val-de-Marne, où 57 classes de maternelles vont fermer et 45 sont en sursis, le syndicat enseignant Snudi-FO s’inquiète de se retrouver avec "des classes à 30 élèves voire plus". Le syndicat, qui a déjà retardé les négociations avec le conseil départemental, appelle à la grève dès la rentrée des vacances d’hiver le 13 mars.

Dans les zones non prioritaires, les ouvertures de classes sont très loin de compenser les fermetures, particulièrement dans les territoires ruraux, grands sacrifiés de la mesure. Les syndicats dénoncent une carte scolaire "en trompe-l’œil", puisque la plupart des ouvertures annoncées sont en fait des classes déjà existantes mais doublées. Les cartes ci-dessous font le point sur les décisions dans les quatre départements de Paris et de la petite couronne.

87 classes fermées à Paris

Avec seulement 107 postes supplémentaires pour 2018, l’Académie de Paris doit mettre en place le dédoublement des classes de CP et CE1 dans un réseau de 215 écoles prioritaires. La création de ces petites classes s’est ainsi faite au détriment des autres niveaux. En tout, 87 classes vont fermer en septembre prochain, dont 56 en maternelle. Une dizaine de dispositifs "Plus de maîtres que de classes" (PDM) ont été arrêtés. Seules dix classes ouvrent réellement, contre 134 création de doublons, principalement dans le Nord-Est de Paris.

153 classes fermées dans les Hauts-de-Seine (92)

Le département des Hauts-de-Seine subit une importante baisse démographique. Il a perdu 1355 élèves en moins en deux ans, dont 1100 en maternelle. Résultat, 153 classes vont fermer cette année, surtout dans les petites et grandes sections. Le département ouest de la petite couronne a tout de même obtenu 76 postes supplémentaires pour la rentrée, de quoi doubler 123 classes dès septembre. Hors zones prioritaires, 47 classes vont également ouvrir.

404 classes doublées en Seine-Saint-Denis (93)

La Seine-Saint-Denis est le département qui profite le plus de la mesure "100% de réussite". En tout, 404 classes de CP et CE1 vont y être doublées à la rentrée 2018. Hors zone prioritaire, le département va également connaître 72 ouvertures définitives pour 73 fermetures fermes, un bien meilleur ratio que dans le reste de la petite couronne. L’Education nationale a accordé 465 nouveaux postes à la Seine-Saint-Denis, c’est la plus grosse dotation sur l'ensemble du territoire.

110 classes fermées dans le Val-de-Marne (94)

Au total, 176 postes supplémentaires sont prévus pour la rentrée 2018 dans le Val-de-Marne, malgré une démographie stagnante. L’Académie a pourtant annoncé 110 fermetures dans le département, plus 80 cas en sursis. En contrebalance, 209 nouvelles classes devraient voir le jour en septembre. Cependant, le dédoublement des classes de CP et de CE1 dans les zones prioritaires vampirise 161 de ces nouveaux postes.

Ces projets de carte scolaire ont été proposés en Conseil départemental de l'Éducation nationale (CDEN) la semaine dernière. Ils doivent être validés par arrêté départemental. Des ajustements peuvent être décidés jusqu’en juin, en fonction des inscriptions en école maternelle et élémentaire.

Emeline Gaube