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A Dijon, une professeur convoquée par son rectorat pour avoir critiqué Emmanuel Macron

Un lycéens (illustration)

Un lycéens (illustration) - FREDERICK FLORIN / AFP

Une enseignante de Dijon était convoquée jeudi par son rectorat après avoir violemment attaqué le chef de l'Etat dans une tribune.

Une professeure du lycée Le Castel de Dijon a été convoquée jeudi par son rectorat après avoir vivement critiqué le chef de l'Etat, rapporte nos confrères de franceinfo.

"Le grand chef blanc a parlé"

Dans une violente tribune intitulée "Le grand chef blanc a parlé", publiée le 12 décembre dernier sur le site dijoncter.info, Sophie Carrouge revient sur l'allocution du chef de l'Etat deux jours auparavant pour tenter de calmer la colère des gilets jaunes:

"Le grand chef blanc a parlé treize minutes pour apaiser le ressentiment de millions d’indiens. Le grand chef blanc, au début de sa palabre, a prévenu que si les millions d’indiens continuaient de lui courir sur le calumet, il allait être intraitable pour rétablir l’ordre. Il en va de l’autorité du grand tipi de l’Élysée", écrit l'enseignante avant de poursuivre:

"Hugh grand chef blanc, tu as bien parlé et tu as restauré l’autorité du conseil des anciens, tous ces chauves à grandes bouches qui parlent, parlent et comprennent qu’un bon indien est un indien mort ou grabataire."

Un fonctionnaire "ne doit pas critiquer sa hiérarchie"

Contactée par franceinfo, cette dernière, militante pour la défense des lycéens sans-papiers, explique avoir réagi "ivre de rage" au mot "immigration" utilisé par le président lors de son discours. Après sa convocation l'enseignante s'est dit inquiète. Selon elle, "l'Etat est en train de de bétonner le système pour restreindre la liberté d'expression de chaque fonctionnaire".

Si elle n'a pas été sanctionnée à l'issue de sa convocation, la professeure a écopé d'un rappel au devoir de réserve lié à sa profession - elle avait indiqué dans sa tribune le nom de son établissement et sa fonction. Parents d'élèves et collègues avaient par ailleurs appelé à manifester hier devant le rectorat en signe de soutien.

Du côté de l'académie, on explique qu'un "fonctionnaire ne doit pas critiquer sa hiérarchie et l'Etat employeur". En ce qui concerne Sophie Carrouge c'est clair: "Je peux continuer à écrire mais je n'écrirai plus", a-t-elle commenté amère auprès de nos confrères.

Manon Fossat