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Des associations attaquent en justice le slogan en anglais des JO 2024

"Made for sharing", le slogan de Paris 2024 sur la Tour Eiffel

"Made for sharing", le slogan de Paris 2024 sur la Tour Eiffel - AFP

Indignées par le slogan en anglais choisi pour promouvoir la candidature de Paris aux JO 2024, des associations ont décidé d'attaquer la formule en justice.

Après l'Académie française, des associations de défense de la langue française ont décidé de s'attaquer au slogan des JO 2024. "Made for sharing" (Venez partager), choisi pour promouvoir la candidature de Paris aux Jeux olympiques de 2024 fait l'objet d'un référé suspension au tribunal administratif de Paris.

"Une insulte à la langue française"

D'après RTL, trois associations de défense de la langue française ont décidé d'attaquer le slogan en justice. L'avocat des collectifs (Francophonie avenir, Pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française, l’Union nationale des écrivains de France), maître Emmanuel Ludot précise sur son site que la requête a été déposée "le mercredi 15 février" et qu'ils ont aussi saisi "le défenseur des droits". Selon eux, le slogan "Made for Sharing" est "une insulte caractérisée à la langue française, à la francophonie, aux étrangers non francophones qui apprennent la langue à travers le monde".

Elles réclament qu'il soit remplacé par une phrase en français. Jeudi, l'Académie française exprimait "sa réprobation" de la formule. "Ce slogan", rappelle l'institution "a déjà été utilisé lors de campagnes publicitaires" notamment pour "des pizzas à découper" et "des bonbons". Les Académiciens citent la Charte olympique, disposant que "les langues officielles du Comité international olympique sont le français et l'anglais".

Des textes de loi à l'appui

L'Union nationale des écrivains de France fait partie des associations plaignantes, précise RTL. Le collectif avait déjà lancé une pétition "Contre la haute trahison du français aux JO-Paris 2024 et à l'école". Dans cet appel, qui a recueilli 835 signatures, l'association qualifiait le slogan "d'ultime degré de la trahison politique de la langue française". Pour faire valoir sa requête devant la justice, l'association cite deux textes de loi. L'article 2 de la Constitution qui indique:

"La langue de la République et le français" et la loi Toubon. L'article 3 de ce texte de 1994 stipule: "Toute inscription ou annonce apposée ou faite sur la voie publique (...) doit être formulée en langue française".

Le slogan "Made for sharing" aura une déclinaison en français "Venez partager". Dénoncé par le Front national comme une "trahison linguistique", il est d'après le ministre de la Ville Patrick Kanner un slogan "universel" et "réaliste".

M.L.