BFMTV

Dépossédé de son nom par la justice, Laguiole en appelle à François Hollande

Le maire de Laguiole, Vincent Alazard, retirant le panneau d'entrée de sa commune.

Le maire de Laguiole, Vincent Alazard, retirant le panneau d'entrée de sa commune. - -

Le village de Laguiole, connu pour sa coutellerie, ne peut toujours pas utiliser son nom pour un usage commercial, après une nouvelle décision de justice. Le nom Laguiole appartient en effet à un habitant du Val-de-Marne depuis 1993.

C’est un coup de couteau en plein cœur. Le village de Laguiole, connu dans le monde entier pour sa coutellerie, s’est vu confirmer par la cour d’appel de Paris le 4 avril dernier, qu’il ne pouvait pas utiliser son nom pour un usage commercial. La marque Laguiole est en effet détenue par Gilbert Szajner, un habitant du Val-de-Marne, qui a déposé en 1993 ce nom. Depuis, il perçoit des redevances d’entreprises étrangères ou françaises à qui il autorise la commercialisation de leurs produits sous le label « Laguiole ». Des produits – draps, ustensiles de cuisine…-, qui n’ont rien à voir avec les célèbres couteaux, et qui sont bien souvent fabriqués en Chine.

"Pour la commune, c'est très grave"

"Pour la commune, c’est très grave cette situation, se désole sur RMC Vincent Alazard, maire (DVD) de Laguiole. Dans ce jugement, en plus de l’usurpation et le fait que cette personne gagne beaucoup de sous sur notre dos, nous avons été condamnés à verser des compensations pour frais de justice à hauteur de 100.000 euros".
S’il reconnaît que Gilbert Szajner "est dans son droit par rapport au droit des marques", il dénonce "le fait que l’on puisse utiliser le nom d’un village au détriment de tous les administrés qui vivent sur place. Ce n’est pas logique qu’ils soient dépossédés du nom de leur village dont on utilise financièrement le nom".

"On est la contrefaçon d'un produit chinois"

"C’est le monde à l’envers, ajoute-t-il. Un commerçant de Laguiole qui vend un produit de Laguiole sous la marque Laguiole peut-être attaqué pour contrefaçon. On est la contrefaçon d’un produit chinois !".
Le maire et ses administrés en appellent maintenant à François Hollande, à qui ils demandent d’intervenir. Tout Laguiole espère qu’il tranchera en leur faveur.

Philippe Gril avec Jean-Jacques Bourdin