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Départ présumé d'une famille pour le jihad: la colère des deux grands-pères

Le grand-père de la famille qui serait partie en Syrie pour faire le jihad

Le grand-père de la famille qui serait partie en Syrie pour faire le jihad - BFMTV

TEMOIGNAGE BFMTV - Onze membres d'une même famille originaire de Nice sont soupçonnés d'avoir quitté la France pour partir faire le jihad en Syrie. Désespéré, le grand-père de la famille, qui a donné l'alerte, a lancé ce mercredi un appel poignant.

"Je vous en supplie, ramenez ma femme, mes petits-enfants et mes filles" a déclaré ce mercredi le grand-père de la famille susceptible d'avoir pris le chemin de la Syrie pour faire le jihad. Un témoignage poignant livré à BFMTV par cet homme qui dit ne plus avoir aucune nouvelle de ses proches depuis plus d'une dizaine de jours. "Vous rentrez, vous ne trouvez personne. Je suis tout seul maintenant", a-t-il poursuivi.

Parmi eux, un bébé de six mois

"Les hommes, vous les attrapez, vous les mettez en prison" a-t-il considéré, ajoutant que "ce sont eux les responsables". Parmi les onze membres de cette famille, figurent un homme, ses deux soeurs, leur mère et leurs conjoints respectifs ainsi que plusieurs de leurs enfants, dont un bébé "de six mois", selon le grand-père.

L'enquête a été confiée à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Depuis le début de l'année, plus de 70 enquêtes ont été ouvertes sur des filières syriennes. Au total, un millier de Français sont impliqués, selon le Premier ministre Manuel Valls, qui estime à près de 580 le nombre de personnes combattant ou ayant combattu pour le jihad en Syrie.

Négligence de la part des services de police? 

Ce jeudi, les deux grands-pères ont été reçu à la mairie de Nice par l'avocat de Christian Estrosi. Les deux hommes mettent en cause les services de police qui auraient, selon eux, pu éviter ce départ. Ils disent avoir prévenu les autorités d'un départ pour le jihad peu de temps après la disparition des onze membres de leur famille.

Selon les deux hommes, la capitaine qui les avait reçus leur avait signalé que leurs deux enfants, Andréa et Oussama étaient déjà connus de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Les grands-pères estiment ne pas avoir été suffisamment pris au sérieux et regrettent que la police n'ait pas pris de déposition.

Selon Me Philippe Soussi, avocat et conseiller municipal à Nice, la famille disparue se trouvait encore en Turquie le dimanche 5 octobre. A ce jour, les autorités n'ont aucune certitude sur le pays dans lequel elle se trouve actuellement.

A.-L. B. avec Benoit Ruiz