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Dans quelle ville les cyclistes roulent-ils le plus souvent sous la pluie?

Un cycliste place de la Concorde, à Paris en 2015.

Un cycliste place de la Concorde, à Paris en 2015. - LUDOVIC MARIN / AFP

L'un des arguments favoris pour ne pas se déplacer à vélo est le risque d'arriver trempé à la fin de son trajet, à cause de la pluie. Météo-France vient pourtant de contredire cet argument.

Dans une étude publiée fin novembre, Météo-France affirme que "pour les cyclistes du quotidien, rouler sous la pluie n’est pas si fréquent. Il est rare d’arriver mouillé à destination".

L'agence météorologique ne sort pas ce constat de nulle part, elle a en fait simulé des milliers de trajets du quotidien à vélo.

La méthodologie de l'enquête

Pour arriver à ses conclusions, Météo-France a dressé un profil particulier, celui du "vélotaffeur".

  1. Le vélotaffeur prend son vélo entre 8 et 9h pour se rendre au travail le matin. Il revient à son domicile le soir entre 17 et 18h. Il ne travaille pas le week-end, les jours fériés et a 5 semaines de congés par an (une au printemps, trois à l'été, une autour de Noël).
  2. Le vélotaffeur vit dans une grande ville française. Météo-France a retenu 15 villes d'ampleur plus ou moins similaires (Paris, Grenoble, Brest, Limoges...). Un champ restreint certes, mais la part de cyclistes dans les communes de plus de 200.000 habitants est cinq fois plus importante que dans les villages (3,7% contre environ 0,75%).
  3. Le vélotaffeur se déplace à environ 18km/h. Si Météo-France a imaginé différents types de trajets plus ou moins longs (de 6 à 60 minutes), nous avons retenu le parcours de 3,5 kilomètres (12 mn de vélo environ) car c'est la distance moyenne entre le domicile et le travail des Français qui empruntent leur vélo.

Des simulations réalisées sur 13 ans

Météo-France a ensuite simulé des milliers de trajets en appliquant ces conditions précises, le tout sur une large période comprise entre 2005 et 2018.

Sur tous ces déplacements, l'agence a considéré que le vélotaffeur était "mouillé" lorsque que les précipitations pendant le trajet ont atteint 0,2 mm.

"Cela représente un verre d’eau (soit 20 cl) par mètre carré, ce qui suffit à mouiller partiellement un cycliste." 

Alors, quelles sont les conclusions?

Le résultat est sans appel: la majorité du temps, les cyclistes n'arrivent pas mouillés à leur travail. On constate évidemment des différences selon les villes: il pleut davantage à Brest (31 trajets mouillés par an) qu'à Nice (14 trajets mouillés par an).

Ces écarts correspondent en réalité aux climats des régions: océanique dans l'Ouest (Brest, Nantes, Bordeaux...), méditerranéen au Sud (Nice, Ajaccio...), montagnard à l'est (Grenoble)...

L'infographie ci-dessus montre donc qu'il est rare d'arriver trempé au travail lorsqu'on utilise son vélo au quotidien. Mais si ces quelques trajets mouillés représentent tout de même trop de tracas, sachez qu'il ne pleut quasiment pas pendant une grande partie de l'année. 

Entre mai et octobre, il est extrêmement rare d'arriver trempé au travail

En effet, si on regarde la répartition mensuelle des trajets pluvieux, on s'aperçoit qu'ils se concentrent généralement entre novembre et mars. Le reste de l'année - c'est à dire entre mai et octobre - l'immense majorité des trajets se déroulent sans accroc. Une nouvelle fois, cela dépend quand même des villes.

L'infographie ci-dessous affiche par défaut la répartition mensuelle pour Paris. Cliquez sur "Choisir une autre ville" pour sélectionner une ville parmi les 15 autres.

En conclusion, Météo-France rappelle que "les pays où l’usage du vélo est le plus développé sont loin d’être les plus secs".

"Il ne pleut pas moins à Copenhague, Berlin ou Amsterdam qu’à Paris, Toulouse ou Lyon. Une fois l’usage du vélo acquis comme une habitude du quotidien, les aléas climatiques du cycliste entrent dans la normalité et il n’est pas plus problématique pour un cycliste de sortir sa cape de pluie un après-midi de printemps que pour un automobiliste de gratter le givre de son pare-brise un matin d’hiver."
Louis Tanca