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Dans la jungle des vaccins pour enfants

Vaccination obligatoire ou pas, une haute instance appelle à un débat public. (Photo d'illustration)

Vaccination obligatoire ou pas, une haute instance appelle à un débat public. (Photo d'illustration) - François Guillot - AFP

La politique vaccinale chez les enfants en France doit être simplifiée, jugée illisible et inégalitaire par le Haut Conseil de la santé publique (HCSP).

"Complexe, illisible et inégalitaire". Régulièrement remise en cause, l'obligation de vaccination pour les enfants devrait être l'objet d'un débat public en France, a estimé la haute instance sanitaire HSCP qui appelle à la refonte de la politique vaccinale devenue "illisible".

Parmi les grands pays industrialisés, seuls deux maintiennent l'obligation de vaccination pour les enfants: l'Italie et la France, note, dans un avis, le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), instance chargée de conseiller et orienter le gouvernement sur les questions de santé.

"Complexe, illisible et inégalitaire"

Malgré l'absence d'obligation dans une majorité de pays européens, les taux de "couvertures vaccinales" (le pourcentage de la population vaccinée) y dépassent les 90%, ce qui représente un bon niveau de protection, relève le HCSP.

En France, l'obligation de certains vaccins est périodiquement l'objet de "discussions" tandis que le "dispositif public" en matière de vaccination est devenu "complexe, illisible et inégalitaire", juge le HSCP.

"Le maintien ou non du principe de l'obligation vaccinale en population générale relève d'un choix sociétal lequel mérite un débat que les autorités de santé se doivent d'organiser", estime l'instance.

Incohérences de la politique vaccinale

Le calendrier vaccinal officiel a été toiletté pour une plus grande simplification en avril 2013 mais comporte toujours trois vaccinations obligatoires pour les enfants (diphtérie, tétanos et poliomyélite). A partir de cette constatation, le HSCP relève une série d'incohérences dans la politique vaccinale française. Depuis 1964, de nombreux vaccins ont été ajoutés au calendrier mais aucun n'a été rendu obligatoire alors qu'ils offrent une protection contre des maladies graves qui font des centaines de morts chaque année (1.300 morts par cirrhose et cancer du foie pour l'hépatite B ou 1.000 décès par cancer du col de l'utérus pour le virus HPV). De plus, les obligations ne concernent que les vaccinations chez les enfants et pas les rappels chez les adultes.

En outre, le double régime de vaccins obligatoires et vaccins seulement recommandés (par exemple celui anti-HPV pour les adolescentes est simplement recommandé) est "source d'incompréhension" pour la population qui considère ceux qui sont recommandés comme "moins importants", relève le HSCP. Aussi le HSCP appelle à un "renouveau de la politique vaccinale qui doit devenir beaucoup plus volontariste" et à "une nouvelle organisation pour rendre plus accessible la vaccination". Il faudrait assurer la gratuité complète pour l'ensemble des vaccins inscrits au calendrier et "élargir les lieux" où sont pratiqués les vaccinations aux écoles, entreprises ou maisons de retraite, estime en particulier le Haut Conseil.

C. P. avec AFP