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Crash de la Germanwings: quand les Andreas Lubitz se multiplient sur Facebook

Page Facebook d'Andreas Lubitz. Quantité d'autres pages, usurpées, se sont créées après les révélations sur un possible crash volontaire du copilote de la Germanwings.

Page Facebook d'Andreas Lubitz. Quantité d'autres pages, usurpées, se sont créées après les révélations sur un possible crash volontaire du copilote de la Germanwings. - Capture Facebook

Comme souvent après une grande catastrophe, les passions se déchaînent avec plus ou moins de décence sur les réseaux sociaux, Twitter et Facebook en tête. Après les révélations sur le crash de l'A320 de Germanwings, de nombreux utilisateurs ont créé des profils au nom du copilote Andreas Lubitz. 

Hors homonymies, les profils Facebook au nom d'Andreas Lubitz, ce copilote soupçonné d'être à l'origine du crash de l'A320 de la Germanwings, se sont multipliés. "Le meurtrier", "le terroriste" ou "assassin", sont les mots associés qui reviennent le plus. Et ce, dans toutes les langues. Mais dans certains cas, les pages sont d'un goût plus douteux, avec la mention "artiste", avec ses "fans", ou encore comme "héros de l'Etat islamique" (alors qu'aucune motivation terroriste n'est, à ce stade de l'enquête, relevée).

Que risquent ceux qui créent ce genre de pages?

Plusieurs problèmes juridiques se posent quant à la création de ces pages. Pour Me Gwennhaël de Clercq, avocat au barreau de Lyon, le simple fait de créer un "faux profil" au nom d'Andreas Lubitz relève de "l'usurpation d'identité", qui est réprimée par l'article 226-4-1 du Code pénal, explique-t-il à BFMTV.com. Mais les poursuites ne peuvent, en droit français, n'être engagées qu'en cas de plainte de ses ayants droit, nuance le juriste. 

Pour les pages mentionnant des termes tel que "héro de l'Etat islamique" (sic, elles tombent sur le coup de la "loi Cazeneuve" du 13 novembre 2014. Me de Clercq note que "le délit d'apologie du terrorisme est réprimé par le Code pénal et non plus seulement par la loi de 1881 sur la presse comme c'était le cas auparavant". La portée pratique de ce changement est grande puisque "le délai de prescription passe d'un à trois ans et la procédure de comparution immédiate s'applique", détaille le juriste.

Ces personnes risquent jusqu'à cinq ans de prison et 75.000 euros d'amende, voire plus puisque "la peine est portée à sept ans et 100.000 euros d'amende lorsque ces actes sont commis par le biais d'Internet". 

La vraie page est passée en "page mémoire"

La page présentée comme le véritable profil d'Andreas Lubitz est passée en page "mémoire", ces types de profils que Facebook accorde en cas de décès. La faculté de transformer une page ordinaire en "page mémoire" est habituellement donnée aux proches après un décès. Elle permet de couper certains rappels, comme la date d'anniversaire du défunt, et aux gens d'y exprimer leurs condoléances.