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Corse: ce que l'on sait de l'échouement d'un cargo dans la réserve naturelle de Bonifacio

Un cargo d'environ 90 mètres de long transportant des bobines d'acier s'est échoué en Corse, près des Bouches de Bonifacio, un espace reconnu "zone maritime particulièrement vulnérable". Les secours sont à l'oeuvre pour dégager le cargo.

"En l’état, il n’y a pas de catastrophe humaine ni écologique." Un peu plus de 24 heures après le naufrage du Rhodanus, en Corse-du-Sud, le maire de Bonifacio interrogé par BFMTV, se veut rassurant quant aux conséquences de ce sinistre.

Le cargo qui transportait 2650 tonnes de bobines d'acier s'est échoué, dans la nuit de samedi à dimanche, en plein cœur de la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio, un espace de 80.000 hectares reconnu en 2011 comme "zone maritime particulièrement vulnérable" par l'Organisation maritime internationale.

  • Comment s’est produit le naufrage?

Le Rhodanus est parti "du port italien de Tarente et devait rejoindre lundi Port-Saint-Louis-du-Rhône, dans les Bouches-du-Rhône", explique la préfecture maritime. Le cargo devait pénétrer dans les Bouches de Bonifacio "mais il n'a pas viré à temps et a poursuivi sa route vers la côte, en dépit des appels répétés du Centre opérationnel de surveillance et de sauvetage (Cross) en Corse, du sémaphore de Pertusato et de la station italienne Maddalena pendant près de 50 minutes".

Une enquête judiciaire est en cours, menée par les gendarmes de la brigade de recherche de Marseille sous l'égide du procureur de Marseille. A bord, ils tentent de déterminer les causes de l’accident et semblent se diriger vers un défaut de vigilance de l’équipage.

"Le navire se trouve dans une zone de protection renforcée, très sensible du point de vue environnemental", souligne le directeur de la réserve.
"Le navire se trouve dans une zone de protection renforcée, très sensible du point de vue environnemental", souligne le directeur de la réserve. © Marine nationale
  • Quels risques cet échouement fait-il craindre?

"Le navire se trouve en plein milieu des archipels de la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio, dans une zone de protection renforcée, très sensible du point de vue environnemental", a souligné le directeur de la réserve, Jean-Michel Culioli. Au moment du sinistre, le cargo transportait 2650 tonnes d’acier qui menacent désormais les fonds marins, tout comme la possible fuite de carburant.

Mais "l'absence de pollution sur zone et les conditions météo actuelles ne font pas craindre de danger imminent pour le littoral", a précisé la préfecture maritime. Et d’ajouter: "L'équipe d'évaluation et d'intervention hélitreuillée dans la matinée sur le Rhodanus (...) a permis d'établir qu'aucune pollution n'est actuellement à déplorer."

Le navire " n'aurait jamais dû se trouver là, déplore cependant Jean-Michel Culioli, le responsable de la plus grande réserve naturelle de France métropolitaine. Nous restons très vigilants."

  • Comment travaillent les secours sur place?

"Les évaluations du Rhodanus" menées notamment par les plongeurs démineurs de la Marine nationale "montrent que le Rhodanus est largement posé sur le fond sur son avant. En conséquence, le déséchouement ne peut être mené sans avoir préalablement allégé le navire", écrit la préfecture maritime dans un point situation diffusé ce lundi matin.

Le Rhodanus est posé sur une dizaine de mètres sur l'avant, sur des rochers.
Le Rhodanus est posé sur une dizaine de mètres sur l'avant, sur des rochers. © Marine nationale
"Le bateau est posé sur une dizaine de mètres sur l’avant, sur des rochers, donc il va falloir l’extraire. Pour y arriver, il faut alléger le navire en lui retirant une partie de sa cargaison. Il va probablement falloir faire venir une barge avec une grue pour décharger progressivement et délicatement ces bobines d’acier de sorte que le bateau soit suffisamment léger pour remonter et se libérer", explique au micro de BFMTV Vincent Groizeleau, rédacteur en chef de Meretmarine.com.

Le temps que tous ces moyens soient mis en place, "la priorité est de sécuriser le site afin de préserver l'environnement marin", note l'autorité. A ce titre, un arrêté a été pris pour interdire la navigation et les activités nautiques dans un rayon de 1000 mètres autour du navire.

Deux remorqueurs français sont déjà présents sur la zone de l'accident - l'Abeille Flandre et le Persevero - ainsi que deux patrouilleurs, le Jonquille de la gendarmerie maritime et le CP306 de la marine italienne. Ces bateaux sont épaulés par un soutien aérien constitué de deux hélicoptères de l'armée de l'air et de la marine nationale ainsi que d'un avion de surveillance maritime de la marine, précise la préfecture maritime.

La remise à flot du bateau devrait être réalisée "dans les prochains jours", en journée et non de nuit, a indiqué une porte-parole de la préfecture.

Ambre Lepoivre avec AFP