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Coronavirus: le département du Val-d'Oise placé en "vigilance modérée"

Le personnel hospitalier dans un couloir d'un établissement de Guadeloupe.

Le personnel hospitalier dans un couloir d'un établissement de Guadeloupe. - CEDRICK-ISHAM CALVADOS

Après une hausse du nombre de cas de Covid-19 et d'hospitalisations dans le Val-d'Oise, Santé Publique France a décidé de passer le département en vigilance modérée. 4 groupements de communes font désormais l'objet d'une enquête épidémiologique.

Le département du Val-d'Oise passe "en vigilance modérée au Covid-19" en raison de sa situation épidémiologique préoccupante, a-t-on appris de Santé publique France ce mardi.

L'augmentation du nombre de cas de contamination et du nombre d'hospitalisations dans ce département très peuplé (1.25 millions d'habitants) fait craindre un impact sur toute la région Île-de-France, tout particulièrement en cette période de vacances propice aux migrations estivales.

Quatre groupements de communes sous surveillance

Les indicateurs de surveillance épidémiologique sont en hausse dans le Val-d’Oise depuis la semaine du 6 juillet. Le taux d'incidence (nombre de tests positifs pour 100.000 habitants) a doublé en deux semaines. Ce dernier est désormais supérieur à 25 cas pour 100.000 habitants chez les 20-40 ans.

Quatre groupements de communes du département (celles où la hausse des indicateurs est la plus importante) font ainsi l'objet d'une enquête épidémiologique depuis le 23 juillet afin de retracer, d'isoler les cas potentiels et d'identifier une possible source de contamination commune. Il s'agit d'Argenteuil, de Garges les Gonesse, Villiers-le-Bel/Arnouville, de Gonesse/Bonneuil-en-France/Vaudherland/Le Thillay.

Le taux de positivité du virus est passé de 1,3% la semaine du 6 juillet à 2,33% la semaine du 13 juillet dans le Val-d'Oise, et à 2,73% entre le 18 et le 24 juillet dernier. Au 24 juillet, le taux de reproduction du virus (R0) du Val-d’Oise dépasse la valeur de 1,0 de manière statistiquement significative, selon trois sources de données utilisées. 

Hausse du nombre de passages à l'hôpital

L’analyse des données Oscour recensant les passages aux urgences hospitalières dans le département pour "suspicion de Covid-19" montre une hausse de 13% du nombre de passages par rapport à la semaine écoulée.

Cette augmentation est encore plus marquée au centre hospitalier de Gonnesse, avec 49 passages à l'hôpital pour suspiçion de Covid-19 pendant la semaine du 20 juillet, contre 36 lors de la semaine du 13 juillet. L’activité est passée de 3,6 % pendant la semaine du 13 juillet à 4,9 % lors de la semaine d'après. 

Les données provenant du système d'information pour le suivi des victimes (Sivic), elles, révèlent une augmentation des nouvelles admissions à l’hôpital. Le nombre d’hospitalisations liées au Covid-19 a doublé dans le département par rapport aux deux semaines précédentes, avec 25 personnes hospitalisées lors de la semaine du 20 juillet, contre 12 dans la semaine du 13 juillet, et 13 personnes la semaine précédente.

25 clusters intrafamiliaux

Les données de l'enquête épidémiologique menée dans les quatre groupements de communes révèlent un taux de personnes symptomatiques important (41 cas sur 57), alors que les données de routine du système d'information et de prévention national (Sidep) affichent plutôt des proportions inverses (80% de cas de contamination asymptomatiques et 20% de personnes symptomatiques). 

L'analyse des données recueillies montre des lieux d’exposition au virus divers et variés: les personnes contaminées l'ont été dans les transports en commun, sur leur lieu de travail, dans des commerces ou encore des centres commerciaux.

Ces données favorisent donc l'hypothèse d'une circulation diffuse du SARS-CoV-2, avec 25 foyers intrafamiliaux sur l'ensemble des 59 clusters. Ce type de foyers impacte fortement les indicateurs épidémiologiques. Les autres types de clusters ne sont pas plus fréquents que dans les autres départements franciliens. 

Par ailleurs, Santé Publique France met en garde face à des rassemblements à caractère religieux tels que la fête de l’Aïd El-Fitr qui doivent se dérouler en fin de semaine et constituent un risque supplémentaire de transmission du coronavirus. 

François Pitrel avec Jeanne Bulant