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Chloé : ce qu’on sait du ravisseur présumé, récidiviste

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Après une semaine de captivité, Chloé, 15 ans, a pu rentrer chez elle. Son ravisseur présumé, déjà connu de la justice pour agression sexuelle, se terre dans le silence.

Que s’est-il vraiment passé durant cette semaine de captivité pour Chloé, 15 ans, enlevée dans son village de Barjac dans le Gard ? La jeune fille est rentrée chez elle samedi et a pu être entendue dimanche à Nîmes par les gendarmes en charge de l’enquête.

Enlevée devant son domicile

Chloé Rodriguez a été retrouvée vendredi à Offenbourg, en Allemagne, ligotée dans le coffre d'une Audi dont le conducteur de 32 ans a déjà été condamné en France pour violences et agression sexuelle. La jeune fille a déjà commencé à se livrer et a dit à son père avoir été enlevée de force devant sa maison. Contrairement à ce qu’on pourrait craindre, elle n’aurait pas subi de violences sexuelles et aucune trace de coup n’a été relevée, affirme le procureur de la République à Nîmes. L'adolescente aurait même réussi à établir un dialogue avec son ravisseur, obéissant à tous ses ordres. Le suspect, lui, est toujours incarcéré en Allemagne, et attend son extradition muré dans le silence.

« J’en veux à la justice »

Bernard Fayolle connaît bien le ravisseur présumé. Celui qui conduisait la voiture dans laquelle se trouvait Chloé avait agressé sa femme en 2007, près d’Avignon. A l’époque, il affirme avoir mis en garde la justice contre la dangerosité du multirécidiviste : « J’avais dit que si on libérait cet individu, c’était un non-sens vis-à-vis des futures victimes potentielles. Donc un an et demi après son incarcération, j’avais mis des garde-fous en disant "surtout ne libérez pas cet individu avant l’heure". Le juge d’instruction avait suivi. J’en veux à la justice ».

« Il m’a montré des magazines pornographiques »

Sa femme, Josiane, se souvient de sa méthode à l’époque. Le conducteur s’était arrêté à sa hauteur alors qu’elle était à vélo et lui avait « montré des magazines pornographiques en [lui] demandant de regarder, très violemment ». Devenu agressif, il l’avait alors jetée à terre, prise de force dans la voiture, en tentant de la violer. « Ça a duré une bonne demi-heure, par chance, il y a des touristes qui sont passés en voiture. Je suis sortie comme j’ai pu, il est parti », témoigne Josiane. Arrêté une semaine après les faits, l'homme avait été condamné à trois ans de prison ferme.

« Il faut des mesures fermes, coercitives et de soin »

Edouard Chaulet, le maire de Barjac, dit aussi avoir du mal à comprendre : « C’est un malade, on peut s’étonner que le dispositif de non présentation de ces malades n’ait pas été déclenché plus tôt. Il s’est passé quand même du temps, et c’est un récidiviste. Je crois qu’il faut des mesures fermes, coercitives et de soin. Et en tout état de cause, des bracelets. Et dès lors que l’on doit pointer quelque part, si on ne pointe pas, déclencher une recherche », souhaite l’élu.

M. Chaillot avec Guillaume Robelet