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Chapiteau incendié à Chanteloup-les-Vignes: "de la violence gratuite" dénonce l'association sinistrée

L'association qui gérait le chapiteau incendié au cours d'une nuit de violences à Chanteloup-les-Vignes ce week-end dénonce des "violences gratuites" mais promet de reconstruire le bâtiment.

"Tout a été détruit, il ne reste même pas une balle de jonglage". Deux jours après l'incendie qui a ravagé le chapiteau de Chanteloup-les-Vignes, la directrice de la Compagnie des Contraires est amère. Cette association des arts de la scène et du cirque a vu partir en fumée la structure toute neuve qui l'accueillait, d'une valeur de 800.000 euros.

Dans la nuit de samedi à dimanche, alors que des policiers étaient pris pour cible par "une trentaine de jeunes" selon une source policière, le chapiteau a été incendié. Un incendie qualifié de "délibéré" par la maire de cette commune des Yvelines, plusieurs départs de feu ayant été détectés. 

"C'est de la violence gratuite qui prive toute une population d'un lieu d'éducation, d'un lieu de créativité, de liberté et de laïcité", insiste sur BFM Paris Neusa Thomasi, fondatrice et directrice de la Compagnie des Contraires. 

"Une minorité de jeunes qui croient posséder un territoire"

Installée à Chanteloup-les-Vignes depuis 30 ans, la compagnie propose des ateliers aux jeunes de la ville, notamment à ceux des quartiers sensibles.

"C'est vrai que quand la compagnie s'est installée en 1993, la violence était très forte. Mais aujourd'hui Chanteloup-les-Vignes ce n'est plus du tout la même ville, c'est une ville qui est passée par le renouvellement urbain, il y a une grande mixité sociale et culturelle", souligne Neusa Thomasi. 

La directrice de la compagnie regrette qu'une minorité vienne gâcher ce travail. "Il faut que ces gens-là ouvrent les yeux et arrêtent de croire qu'ici c'est leur domaine. La ville de Chanteloup c'est aux Chantelouvais, pas à une minorité de jeunes qui croient posséder un territoire", martèle-t-elle. La directrice de la compagnie ne compte pas en rester là.

"Je suis main dans la main avec la mairie de Chanteloup pour reconstruire notre lieu, la ville a besoin de cela. Nous allons reconstruire, nous allons rebâtir ensemble pour être là, pour être près des habitants", poursuit Neusa Thomasi. 

Après les violences de samedi soir, deux suspects dont un mineur ont été interpellés. Deux enquêtes ont été ouvertes par le parquet, l'une sur l'incendie et l'autre sur les violences contre les forces de l'ordre. 

Carole Blanchard