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Ces maires qui refusent le mariage homo

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Le projet de loi sur le mariage pour tous n'est pas encore voté qu'il suscite déjà de nombreuses réactions chez ceux qui devront unir deux personnes de même sexe : les maires.

L'autorisation à venir du mariage pour tous suscite de nombreuses réactions d'élus locaux. Avec une application prévue en 2013, de nombreux maires seront bientôt dans l'obligation d'unir deux hommes ou deux femmes. Tous ne le feront pas de bon cœur.

Depuis que Christiane Taubira, la ministre de la Justice, a dévoilé les grandes lignes de ce projet de loi, de nombreux élus locaux expriment leur ressenti.

• Déléguer les mariages homos aux adjoints

Le maire du 8e arrondissement de Paris, François Lebel, s'est illustré en comparant le mariage pour tous à la polygamie, les mariages consanguins, la pédophilie et l'inceste. Des propos unanimement dénoncés à gauche et largement critiqués à droite.

Farouchement opposé au mariage pour tous, François Lebel ne veut pas célébrer d'unions homosexuelles. Pour antant, la mairie du 8e arrondissement de Paris en célèbrera, en conformité avec la futur loi. "Mais ce sera avec d'autres officiers de l'Etat civil", affirme François Lebel. Les couples homosexuels n'auront donc pas l'honneur de la présence du maire.

• "Hors de question de marier des pédés !"

Même son de cloche dans le département de l'Indre. Jacques Tissier, maire de Fontgombault n'a pas l'intention d'unir des personnes de même sexe. Il déclare sans ambages à La Nouvelle République : "Hors de question de marier des pédés ! Je ne le ferai pas […] Après, si l'un de mes adjoints veut le faire, ce sera en son âme et conscience." Même riposte : déléguer.

Une déclaration qui a suscité un fort émoi chez les lecteurs du journal du Centre –Ouest, les commentaires d'internautes sélectionnés par le journal montrant des positions bien moins tranchées.

• Le choix de la désobéissance civile

Corse Matin relate que les élus de l'Île de Beauté "ne sont pas enthousiastes à l’idée de légaliser le mariage homosexuel." Si certains se résigneront au respect de la loi, d'autres prônent la désobéissance civile. Et ce, sans distinction de l'appartenance politique.

Le maire de Guarguale, Charles-Antoine Casanova, martèle dans les colonnes du journal corse son opposition à la loi : "Je suis prêt à me soustraire à la loi en refusant d'unir deux personnes de même sexe dans ma commune. Je mesure la dimension de mon action."

• Les attentistes

Plus qu' "anti-mariage pour tous", de nombreux maires sont "pour ET contre" comme l'écrit l'Aisne Nouvelle qui a demandé l'avis des maires du Saint-Quentinois. Un point de blocage pour le mariage revient régulièrement : l'adoption par les couples homosexuels.

Maire d'une commune de moins de 200 habitants, Hugue Pavie ne se sent pas très concerné par la question et préfère attendre. Il le reconnaît dans l'Aisne Nouvelle : "De toute façon, ce n'est pas tellement répandu dans nos campagnes. Je n'ai jamais de Pacs à célébrer, ce sont plus souvent des unions libres."

Marc Pédeau