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Ce que vous ne mangez pas vous tue plus que ce que vous mangez

Pour réduire l'exposition aux perturbateurs endocrinien, mieux vaut privilégier les aliments bios et éviter les récipients en plastique.

Pour réduire l'exposition aux perturbateurs endocrinien, mieux vaut privilégier les aliments bios et éviter les récipients en plastique. - Pixabay

En 2017, 11 millions de décès étaient liés à une mauvaise alimentation, dont 5 millions dus au manque de céréales complètes et de fruits, selon une étude.

La surconsommation d'aliments trop gras ou trop sucrés n'est pas la seule cause de décès liés à une mauvaise alimentation. Un apport insuffisant en céréales complètes et en fruits serait bien plus dangereux pour la santé, selon une étude parue mercredi dans la revue médicale britannique The Lancet, qui a étudié l'alimentation chez des adultes de 25 ans et plus dans 195 pays.

"D'habitude, les conversations sur une alimentation saine se concentrent sur la diminution de l'apport en mauvaise nourriture. Avec cette étude, nous avons démontré qu'une basse consommation de produits sains a plus d'impact", sur la santé, explique à CNN Ashkan Afshin, assistant à l'Institute for Health Metrics and Evaluation et à l'Université de Washington.

En 2017, 11 millions de décès étaient liés à une mauvaise alimentation, explique l'étude. La quasi-totalité de ces morts a été provoquée par des maladies cardiovasculaires, et le reste par des cancers et le diabète de type 2, souvent associé à l'obésité et aux modes de vie (sédentarité, alimentation déséquilibrée).

11 millions de décès dus à une mauvaise alimentation

Parmi ces décès, la majorité est due à une surconsommation de sel (3 millions de morts), un manque de céréales complètes (3 millions) et un manque de fruits (2 millions), assurent les chercheurs. Viennent ensuite le manque de noix, de légumes, d'omega 3 fournis par le poisson ou encore de fibres, qui sont placés au-dessus des morts dues à la trop grosse consommation de viande rouge ou de boissons trop sucrées.

En Europe de l'ouest, la première cause de mortalité due à une mauvaise alimentation est le manque de céréales complètes, juste devant le manque de noix et de graines, puis la trop grosse consommation de sel. La trop grande ingestion de viande rouge arrive en dernière position, derrière la surconsommation de gras et le manque de lait.

L'étude met en évidence de grosses disparités selon les pays. Ceux avec les plus importants taux de décès liés à une mauvaise alimentation sont l'Ouzbékistan et l'Afghanistan. A l'inverse, ceux où cette proportion est la plus faible sont Israël, la France, l'Espagne et le Japon.

Diviser par deux la consommation de viande rouge

En janvier, la revue médicale avait publié une première étude réalisée par les mêmes scientifiques. Elle préconisait de diviser par deux la consommation mondiale de viande rouge et de sucre et de doubler celle des fruits, des légumes et des noix pour aboutir à un régime bon pour la santé et pour l'environnement.

Les auteurs reconnaissent toutefois des limites à leur étude. Parmi elles, le fait que le lien entre l'alimentation et les décès ne peut être établi avec autant de certitude que dans le cas d'autres facteurs de risques, comme par exemple le tabac.

Salomé Vincendon avec AFP