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Caricatures: des associations déposent plainte contre Charlie Hebdo

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Une plainte a été déposée à Paris contre Charlie Hebdo pour "provocation à la haine" et une autre à Meaux pour "diffamation" et "injure publique", après la publication mercredi par l'hebdomadaire satirique de caricatures du prophète Mahomet.

Deux plaintes ont été déposées ce mercredi, à Paris et à Meaux, contre Charlie Hebdo pour "provocation à la haine", "diffamation" et "injure publique", après la publication par l'hebdomadaire satirique de caricatures du prophète Mahomet.
La première plainte, que l'AFP a pu consulter, a été déposée dans la journée au nom d'une organisation baptisée "Association syrienne pour la liberté", qui se dit domiciliée dans le XXe arrondissement de Paris. Celle-ci estime que Charlie Hebdo « a décidé de jeter de l'huile sur le feu en diffusant une caricature contre le prophète Mohammed ».
Les plaignants accusent l'hebdomadaire de « provocation publique à la discrimination, à la haine ou à la violence nationale, raciale ou religieuse » ou encore de « diffamation publique raciale, religieuse ».
L'Association des Musulmans de Meaux et de sa région a indiqué avoir déposé la seconde au commissariat de Meaux dans l'après-midi.

Une plainte "fantaisiste" ?

Contacté par l'AFP, l'avocat de Charlie Hebdo, Me Richard Malka, a jugé que la première plainte, qui a bien été reçue par le parquet de Paris selon une source judiciaire, semblait "plus fantaisiste" que les dessins de l'hebdomadaire satirique. "On est dans le n'importe quoi. (...) A mon avis, il va y avoir un sérieux problème de recevabilité", a déclaré Me Malka à l'AFP. "Quelque chose me dit que je ne plaiderai jamais ce dossier", a-t-il poursuivi.

Le parquet décidera d'éventuelles suites judiciaires. En revanche, la justice a d'ores et déjà ouvert une enquête sur le piratage dont a été la cible le site internet de Charlie Hebdo. Cette enquête, confiée à la Brigade d'enquête sur les fraudes aux technologies de l'information (Befti), a été ouverte après une plainte de l'hebdomadaire pour intrusion dans un système automatisé de données.

Le premier tirage épuisé

Toute la journée de mercredi, le dernier numéro de Charlie Hebdo s'est arraché comme des petits pains, au point que « les 75 000 exemplaires tirés comme d'habitude ont été vendus » le jour-même de leur parution, a déclaré Charb, le directeur de la publication, à des journalistes au siège du journal. L'hebdomadaire satirique va procéder à un nouveau tirage, a indiqué Charb : « Charlie Hebdo sera de nouveau dans les kiosques vendredi ».
En 2006, après la publication des caricatures de Mahomet d'abord publiées par le journal danois Jyllands-Posten, Charlie Hebdo avait procédé à deux retirages et enregistré des ventes record de 400 000 exemplaires.

La Rédaction avec AFP