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Budget : les gendarmes au régime sec

Il n’y a plus de carburants et on ne peut pas remplacer les voitures », raconte un major de gendarmerie sur RMC.

Il n’y a plus de carburants et on ne peut pas remplacer les voitures », raconte un major de gendarmerie sur RMC. - -

Des voitures mises sur cales faute d'avoir pu être réparées, des ordinateurs obsolètes, des économies sur le chauffage... La situation des 100 000 gendarmes se dégrade, en raison de la forte baisse de leur budget.

Les gendarmes ont le blues. Ils ont de plus en plus de mal à boucler leur budget de fonctionnement et d'équipement pour 2013. Un gel à titre de « réserve de précaution », aggravé par un « surgel » en début d'année, prive actuellement la gendarmerie, comme d'autres administrations, de près de 9 % de leur budget.

« Des voitures ont été mises sur cales »

Soumis au devoir de réserve, les 100 000 gendarmes ne peuvent pas exprimer leur mal-être. Mais Christian Contini, major de gendarmerie à la retraite et président de l'Association "Gendarmes et Citoyens", l’assure : « Le personnel commence à grogner ». « Il n’y a plus de carburants et on ne peut pas remplacer les voitures, relate-t-il sur RMC. Des voitures ont été mises sur cales parce qu’elles ne sont plus en état de rouler. Quand je passe devant la gendarmerie près de chez moi, je vois une estafette, un Trafic, qui date de Mathusalem. Les ordinateurs sont obsolètes. C’est juste un problème de gros sous. La gendarmerie perd de sa superbe, son image est dégradée. Les gendarmes, ils ont choisi un métier, c’est au moins pour le faire correctement, avec les moyens qui vont avec ». Les gendarmes doivent même rogner sur le chauffage, car il manque 16 millions d'euros dans le budget dédié à l’énergie.

Menace de ne plus payer les loyers

Entendu par la commission de la Défense de l'Assemblée nationale le 16 octobre, le général Denis Favier, directeur général de la gendarmerie nationale a récemment poussé un cri d'alarme et menace : pour « continuer d'assurer le bon fonctionnement des unités », il a affirmé qu'il serait contraint de « reporter le paiement des loyers aux collectivités locales », qui les logent.

Philippe Gril avec Violette Voldoire